Il était environ quatre heures du matin lorsque Mirko s'enfonça les ongles dans sa nuque, assis au bord de la fenêtre de la chambre alors qu'il y regardait la nuit, incapable de regarder Adriana dans les yeux. Celle-ci était à l'autre bout de la fenêtre, les larmes aux yeux et une poche de glace sur le poignet. Les inquiétudes sur la santé de Maria ainsi que son besoin de contrôle sur l'emploi d'Adriana avaient eu raison de son sommeil. Il s'était seulement réveillé lorsque la brune s'était mise à crier, ses bras tordus dans son dos et une lame de couteau contre sa jugulaire. Heureusement pour eux, la petite fille allait mieux cette nuit et avait pu dormir seule dans sa chambre.
« Depuis quand est-ce que tu as ce couteau sous le matelas ? »
« Depuis toujours. » Sa voix était tremblante alors qu'il se rendait compte de ses actes.
« Maria a dormi avec nous toute la semaine et tu avais un couteau. » Elle secoua la tête, incapable d'y croire. « Mirko, putain. » Elle essuya ses joues tandis qu'il continuait de scruter la pénombre. Pris la main dans le sac, il se rendait maintenant compte de l'absurdité de la situation mais c'était trop tard. Le mal était fait. « Ça peut plus continuer comme ça. » Cette fois, il la regarda, tournant si rapidement la tête qu'il eut un vertige. « Il faut qu'on trouve une solution avant que ça n'aille trop loin. A... à chaque fois que je crois que tu vas mieux, tu.. »
« Qu'est-ce que... qu'est-ce que je suis censé faire ? » Son souffle était entrecoupé par l'anxiété de la perdre, de perdre cet équilibre qu'ils avaient construit ensemble.
« J'en sais rien. » Elle retira la glace et s'approcha de lui, lentement, effrayée qu'il s'en aille. « J'en sais rien mais je crois qu'on a besoin d'une aide.. extérieure. »
Il fronça les sourcils tout en serrant la mâchoire. Il n'avait aucune envie de discuter avec un étranger, y étaler ses sentiments et ses traumatismes. Il ne faisait confiance qu'à Adriana et à personne d'autre. Elle passa sa main le long de sa nuque mais il l'attrapa pour y regarder son poignet. Celui-ci était œdématié et violacé. Il n'y avait aucun doute, il y avait mis toute sa force. Il passa son pouce sur les traces où il pouvait clairement voir l'empreinte de ses propres doigts. Il eut envie de pleurer ou de crier. Néanmoins, à la place, il resta silencieux, caressant encore et encore sa peau, comme s'il essayait d'effacer cette violence.
« Je n'ai confiance qu'en toi. »
« Je sais. » Elle retira sa main pour l'enlacer, reposant sa tête contre son buste. « Mais c'est pas suffisant. »
« Pourquoi ? » Elle caressa sa nuque et il reposa son menton sur son crâne, les paupières closes, priant qu'elle ne file pas entre ses doigts. « Je ferai ce que tu veux, je te dirai tout. Je t'en supplie, tout... tout mais pas ça. »
« Ça ne marche pas, Mirko, ça peut plus durer. »
« Je parlerai pas à... un psy. »
Il s'éloigna et fit les cent pas. Il était nerveux et incapable de réfléchir. La brune resta immobile, le regardant alors qu'il perdait tout sens de calme. Il était effrayé, elle le savait. Il attrapa un sac et le posa sur le lit. Néanmoins, il s'arrêta là, le regardant comme si c'était une boîte de Pandore, une source infinie de maux et de douleur. Il souffla avant de s'assoir à côté. Adriana s'avança vers lui et malgré ce geste impulsif et presque détestable, elle prit place sur ses genoux et il enroula ses bras autour d'elle, reposant son front contre son épaule. Une fois de plus, elle faisait un pas vers lui.
« J'accepte. » Elle embrassa sa joue. « J'accepte si on le fait ensemble, si on parle ensemble. »
« D'accord. » Il attrapa une nouvelle fois son poignet pour y déposer un baiser. « Je viendrais avec toi mais je ne veux plus d'armes dans la maison et les couteaux seront tous dans la cuisine. » Il hocha la tête. « Et ne sors plus jamais ce sac, à part si on part en vacances. Ok ? J'veux pas te perdre. »
« Ok, ok. C'était stupide. »
« Complètement. Et.. impulsif. » Elle attrapa sa mâchoire pour le forcer à se regarder. « On dirait moi et c'est... horrible. Je sais pas comment tu fais pour me supporter. » Il pouffa, ses yeux s'éclairant légèrement.
« Est-ce qu'on peut s'allonger ? » Elle accepta et il la porta pour se glisser sous la couette. Elle fila entre ses bras, s'y allongeant confortablement, espérant pouvoir rendormir un peu avant que Maria ne se réveille. Toutefois, ce ne fut pas du goût de Mirko qui gardait l'envie de parler et de s'excuser. « Désolé pour ton poignet. Et pour le couteau. Je pensais pas à mal. Je suis... désolé. »
« Je sais, ne t'inquiète pas. Je sais. Je ne t'en veux pas. »
« Ok, j'suis rassuré. Un peu. » Elle embrassa son torse, là où sa cicatrice était. « J'te promets que je vais y arriver, pulcino. Pour toi. Pour Maria. » Il caressa son dos tendrement. « Je me rends pas compte à quel point j'agis comme un con. C'est dans ma nature. » Elle secoua la tête, en désaccord. « Ok, peut-être que c'est pas dans ma nature, mais c'est ce que j'ai appris depuis petit. »
« Mais ça changera. »
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Cosmos
Romance« Je me battrai jusqu'à mon dernier souffle. » Elle se retira, se retenant de gémir alors que le fil arrachait sa peau. Le sang se mit à couler de nouveau, encore plus abondamment. « Alors, crois-moi, c'est moi qui ai l'avantage. » Cette fois, le ca...
