Le regard bas, les paupières lourdes, Eren suivit d'un pas traînant ceux de son meilleur ami. Jean avait enfin réussi ; il avait convoqué une réunion dans l'après-midi, au rez-de chaussée, non loin du bar, là où les déplacements fréquents faisaient partie intégrante de la vie au sein de l'auberge. À leur arrivée, Eren avait été impressionné par l'atrium, en l'admirant, il ne crut pas voir de ses yeux une telle architecture dans un endroit comme celui-ci. Atelio ne cessait de dévoiler ses prouesses, réduisant à chaque fois le retard que Paradis pouvait avoir sur son évolution. Installés dans un coin du salon principal, mal à l'aise, Jean se racla la gorge pour annoncer le début de la réunion :
« Bon... Merci les gars... D'être, heu... Venus.
— Ce n'est pas comme si nous pouvions faire autre chose. Cingla Sasha en roulant des yeux.
— Sasha, c'est pas cool. Vas-y Jean, dis nous de quoi nous devons parler. Rajouta Armin, le regard compatissant vers leur leader.
— Bon, vu l'état merdique de Livaï et le silence du côté d'Hange, je suppose qu'on devra rester terrés ici un moment. Quoique nous fassions, il faudra le faire en petit. Ne pas attirer l'attention. Eren, comment tu te sens ?
— Comme un type qui s'en sort au détriment de la santé de mes amis. Avoua-t-il en serrant la mâchoire. J'foire tout Jean, c'est pathologique, t'as raison.
— Okay heu... On s'en reparle après Eren ? Jean coupa court aux pensées névrosées d'Eren, non par arrogance mais par réelle empathie de son état mental. Bon, dans l'idée qu'Hange continue sa route, nous devons tout faire pour que notre major puisse comprendre rapidement ce qu'il en est. J'ai fait le tour des buanderies et franchement, j'ai vu aucun matos capable de soigner correctement Livaï. J'suis pas toubib mais Hange pourrait sans doute trouver une solution... À condition qu'elle n'ait pas été tuée.
— Elle ne le sera pas. Assura Mikasa d'une voix forte. Aucun d'eux ne sut si sa remarque prouvait un déni ou une conviction profonde et à ce stade, Eren n'en faisait pas grande différence.
— Les gars, avec Eren hier nous avons échangé sur les brassards et...
— Te démontes pas Armin, tu sais que tes impressions sont souvent les meilleures.
— Ce qu'il veut dire c'est que nous en avons loupé une grosse. Eren jeta âprement son carnet de notes au milieu de la table. Ces brassards-ci, certains d'entre vous les avais repéré ? Il pointa nonchalamment le dessin qu'il avait reproduit à partir de ses souvenirs. L'ensemble du groupe secoua négativement la tête en laissant en suspension un silence gênant.
— Ils appartiennent à ceux qu'ils appellent les « aspirants guerriers ». Le môme qui a attaqué Eren et Livaï en était sûrement un.
— Comme la gosse qui accompagnait le Charrette sur les toits, poursuivit Eren. J'ai été trop con, Sieg en portait un lors du gala, je pensais qu'il servait à le différencier des autres en tant que titan.
— Je vous suis les gars mais concrètement, ça veut dire quoi ? Ils servent à quoi les « aspirants guerriers » ?
— Ce sont les soldats les plus prometteurs des rangs de Mahr destinés à hériter des titans quand leurs prédécesseurs trépasseront. Confirma Armin.
— Ce sont surtout des Eldiens enchaînés comme des clébards pour servir une patrie en perdition. Animés par une doctrine fausse.
— Eren, j'aime pas ce regard, t'as quoi derrière la tête ?
— Tu le sais déjà Jean. Je déteste ce continent de malheur, je déteste le fait qu'on ne puisse pas amener Livaï dans un hôpital décent sans qu'on prenne le risque de se faire descendre et par-dessus tout, je déteste ce que Sieg a réussi à faire.
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Ce que nous avons ignoré.
FanfictionA JOUR !! Il y a cent ans, l'humanité a connu la peur et l'humiliation de vivre comme du bétail enfermé dans des murs d'enceinte de cinquante mètres de haut. La terreur de n'être qu'une espèce dominée. Les seuls à voir ce vaste monde sont les s...
