D'une absurdité remarquable

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Un vacarme à la limite des décibels autorisés éclatait dans les couloirs de notre hôtel. J'osais croire en une invasion soudaine mais elle n'aurait pas grand impact dans ce calme évident de la ville. En tendant davantage l'oreille j'entendais des voix distinctes crier au loin et la question était d'autant plus « sur qui ? » que « pour quoi ? » :

«... Livaï ? Livaï réveilles toi. »

Ah et ça aussi, il fallait que je m'y fasse rapidement. Pour que notre cohabitation paraisse plus vraie que nature, nous avions choisi de prendre une suite possédant un lit conjugale, ça allait de soi. Je pouvais bien me plaindre du sommeil agité de Livaï, moins sur la suite qui nous a été destinée. La pièce principale était ornée de tapisseries aux couleurs vives et aux meubles élégants, témoignant sans aucun doute de la prospérité de cette ville où le progrès se confondait avec l'art et le génie :

« Livaï réveilles toi, répétais-je en secouant son épaule.

—... Quoi ? Il se passe quoi Eren ?

— T'entends ? Il grogna d'agacement avant de se redresser de son oreiller, les cheveux joyeusement en pétard.

— Mmh... C'est quoi ça encore ?

— J'en sais trop rien, le trio ?

— Si c'est le cas... Leur entrée est vraiment la plus merdique du monde.

— Non ! Au contraire ils gèrent ! Je vais voir ce qui se passe.

— Eren ?

— Dis moi.

— Tes lentilles au moins...

— Ah ! Heeu oui ! Merci ! »

...

Je me dépêchais vers nos effets, piochant sans trop d'attention une tenue sobre, de couleur claire. En me tenant devant le miroir pour ajuster la broche de couleur que je comptai poser sur ma poitrine, je croisais le regard pesant de Livaï à travers le reflet de la glace. Avec le temps, je réussissais à décoder les différences entre ses humeurs pourtant discrètes, là, la nervosité prenait le dessus. D'une voix basse et pourtant déterminée je déclarai :

« Nous devons paraître convaincants quoique nous fassions. Toutes les informations que nous choppons seront primordiales pour la suite.

— Je l'ai compris dès l'instant où nous sommes arrivés Eren, ce n'est pas ça. Quand tu vas ouvrir la porte, pitié, fais tout pour que nous n'ayons pas à nous battre.

— Je- promis Livaï.

Nous savions que nous devions compter l'un sur l'autre pour réussir notre mission, malgré tout, la nature ambiguë de notre relation ajoutait une couche supplémentaire de complexité que j'aurais aimé atténuer avant notre départ. Enfin, je vins à ouvrir notre porte d'entrée pour connaître la provenance du vacarme et comme si tout cela avait été une hallucination de notre cerveau... Plus rien. Plus un seul bruit. Que se passait-il ? Je me figeais en glissant un regard lourd de sens vers Livaï :

« Alors ? Murmura-t-il en plissant les yeux.

— J'vois personne.

— Ils n'ont pas pu se volatiliser, tch ! J'me bouge, on va les chercher.

— Coool ! Me moquai-je avec une pointe de sarcasme.

— Dans deux minutes j'suis prêt. »

...

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