La voie la plus claire

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J'hallucinais ! Comment pouvions-nous bloquer sur un tel désaccord ?! Assis sur le bord du lit, je m'époumonais à dresser mes arguments face à ceux de Livaï. Qu'il m'énervait avec son expression impassible :

« Non, on ne peut pas se permettre de prendre des risques aussi grands, déclara-t-il fermement. Notre couverture devrait suffire Ren, ne leur demande pas plus que ce que nous avons prévu.

— Je ne pige pas ta réticence soudaine ! Nos amis connaissent amplement les tenants et aboutissants de leur présence ici ! Ne les prive pas de leur libre-arbitre ! Demandes leur en face ce qu'ils en pensent au moins !

— NON !

— Putain Li- Je déglutis, tentant de me calmer, mon sang bouillonnait. Si je ne m'abuse, tu m'as dit que ce jour-là, quand il est parti, tu as été dévasté par le fait qu'il n'ait pas respecté ton libre-arbitre, je me trompe ? Est-ce que je me trompe ?, répétais-je gravement. Ce sont tes mots, je n'invente rien Livaï ! Quelle est la différence aujourd'hui ? Notre objectif n'a jamais été aussi clair ! De toute manière, je ne laisserai pas Mikasa et Historia plus d'une semaine dans le camp, c'est hors de question.

— Ce n'est pas ce que j'ai dit non plus ! Putain tu ne m'écoutes pas ! »

Nos voix montaient dans la pièce, la dissonance entre nous s'accentuait à mesure que nos craintes respectives prenaient le dessus sur la raison :

« Bien. Qu'ils le fassent, qu'ils réfléchissent à une distraction. Cracha-t-il sans approfondir.

— Et c'est tout ?! J'suis pas dupe, tu as quelque chose en tête ! Pourquoi tu ne dis plus rien tout d'un coup ? Oh !

— Non sincèrement, je crois en eux. Je ne veux pas que mon arrogance et ma peine dépassent le bon sens. Nous sommes venus en équipe, agissons en équipe. Ça ne va pas plus loin que ça. »

Il eut quelques minutes de silence, à mes yeux, quelque chose n'allait pas et le plus frustrant, c'est que je ne parvenais pas à mettre le doigt sur la raison. Livaï pouvait se targuer d'avoir le meilleur de tous mais mon instinct cette fois-ci, ne s'y trompait pas. J'inspirai profondément pour rétorquer, cela une première fois, puis une seconde... Jusqu'à ce que je comprenne qu'il fallait débloquer notre malentendu par des mots :

« Tu sais, je ne l'ai pigé que bien plus tard... Avais-je chuchoté le regard figé dans le vide.

— Hein ?

— Que nous n'étions pas les plus compétents. Nous n'avions pas été choisis sur ses critères du moins. Ça fait sens avec du recul...

— Eren j'pensais en avoir fini avec tes phrases sans contexte. Articule, maintenant.

— Que nous n'étions que de la chair à titans bordel ! Là pour dissuader les plus courageux à quitter les murs ! C'est de ça dont je parle Livaï ! Mes nerfs lâchèrent, je ne pus contenir plus que je ne l'aurais souhaité ma colère.

— Nous avons déjà eu cette discussion dans le passé Er-

— Tu peux m'écouter, DEUX minutes ? Bien sur, toi t'es une exception qui déroge à la règle, tout comme l'était Erwin mais la majorité elle, n'en avait pas conscience. P'tain, il faut dire que cette foutue doctrine fonctionnait bien sur les cons dans mon genre. Avec du recul, je méritais que tu me recales. J'ai vu les transmissions de l'époque, entre l'usurpateur du trône et le général-en-chef. Le Bataillon regroupait les plus incompétents de la formation.

— 'Tends je t'arrête tout de suite Eren. C'est- Eren, ferme la. C'est parce qu'un miracle comme toi ait été donné aux mains du Bataillon qu'une personne comme moi ait trouvé l'intérêt de rester dedans. Tu présentais un avantage militaire extraordinaire. Ton tutorat n'aurait pas été possible si Erwin ne m'avait pas poussé à voir plus loin que la monstruosité que représentait le danger « titan ». J'te parle pas de ta personnalité Eren, pas à ces moments-là. T'étais un merdeux mais je croyais au fait que tu fasses la différence sur le terrain. Putain, on a bien dû avoir cette foutue discussion un milliard de fois ! Tu sais très bien ce que je pense de toi.

Ce que nous avons ignoré.Des histoires addictives. Découvrez maintenant