Déja-vu

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À l'aube, Mikasa, prête et déterminée, déclencha son plan d'action sans même se poser la question d'une affluence accrue au coeur du campement, là, où elle devait se rendre. Par de grandes enjambées, l'Ackerman s'approchait d'un des bâtiments techniques. Discret et éclairé par quelques lampes à huile, de l'extérieur l'entrepôt ne payait pas de mine. Son uniforme de soldat de Mahr fut impeccablement porté, à l'instar de son amie Historia. Le brassard noir sur sa manche représentait celui des « Eldiens loyalistes » servant l'armée. Elles avaient dû le changer au dernier moment pour ne pas éveiller les soupçons au sein de la base militaire. Mikasa arborait une posture droite, presque martiale, ne trahissant sous aucun prétexte sa véritable identité. Plus loin, Histoira la rejoignit, quelque peu essoufflée et nerveuse :

« La prochaine ronde commence dans dix minutes. On n'a pas beaucoup de temps Mikasa.

— Je sais Historia, répondit la soldate d'une voix rauque. On n'en prendra que cinq.

— Mika... J'ai croisé le type qui s'appelle « Galliard » dans le couloir, c'est bien lui qui accompagnait le Bestial à Shiganshina ? C'est ce qu'Eren a dit ?

— Ce type... Historia eut un frisson désagréable, elle ne crut pas avoir vu cette expression meurtrière sur le visage de Mikasa depuis le retour de la bataille du district.

— Il a fait une blague sur mon brassard, je crois que... Je l'ai mis sur le mauvais bras il s'en est moqué.

— Merde. Ce genre de remarque venant de lui, c'est déjà une alerte.

— Attends, tu ne crois pas que tu-

— Histoira, j'apprécie qu'on fasse équipe mais le temps n'est plus aux observations. J'ai aperçu Jean dans le campement, enfin j'crois. Armin a dû réussir ce qu'il devait faire, maintenant c'est à nous de nous bouger le cul. D'une manière ou d'une autre, Livaï devra retenir Eren et à ce moment là, on a plutôt intérêt à ne pas nous trouver dans les parages.

— Tu crois que... Qu'ils vont réussir ?

— Livaï et Eren ?

— J'ai confiance, Eren réussira. Ça va plus loin qu'une question de confiance, c'est d'un but qu'on parle Historia. Ce continent ne me plaît pas, je veux rentrer au plus vite. »

La soldate expérimentée qu'était Mikasa savait que quelque soit l'issue de la mission, elle s'adaptera et respectera tacitement ou non les changements d'Eren. En humant l'air autour d'elles, Mikasa ressentait au plus profond d'elle la présence d'Eren, elle savait qu'avec ou sans elle, Eren tracerait son propre chemin. Elle s'était faite une raison. Sa dévotion elle, ancienne et inébranlable, demeurait aujourd'hui et à jamais la preuve ultime de son amour pour Eren Jäger.

Puis, lentement, Mikasa tendit un carnet dissimulé dans sa veste à sa partenaire :

« Dedans, tous les symboles des brassards, la hiérarchie et les couloirs de commandes des tours de défense. Ne te trompe plus Historia, pas même d'un pli de manche de travers. Tu sais quoi ?

— N-non !

— J'ai hâte qu'Hange arrive... Livaï va tirer une de ces gueules.

— Elle nous sauvera peut-être d'une fin chaotique, qui sait ?

— Les symboles Histo, apprends-les. »

Ainsi le plan d'Eren continuait sans qu'aucune des parties ne se doute à quel point le moment fatidique approchait.

...

Un grand silence régnait dans le pavillon réservé aux hautes sphères du commandement. L'élégance des lieux tranchait avec la rigueur du reste du campement. Là-bas, les rideaux de velours gris, le parquet ciré et les fauteuils profonds entourés de murs couverts de livres savamment disposés n'impressionnaient plus personne. Et surtout pas les titans primordiaux au service d'une puissance mondiale. Tard dans la soirée, Lara Teyber s'était rendue dans le campement, le pas lourd et pressé. Sans annoncer sa venue, elle entra dans la grande salle de réunion, vêtue d'un large manteau d'officier qu'elle portait davantage comme robe d'apparat que d'uniforme, elle s'empressa de trouver un siège dans l'Assemblée. La riche héritière du clan Teyber était connue pour son calme olympien et ses impressions cohérentes face à une situation de crise. Pourtant, ce soir, son visage marqué par la fatigue témoignait d'un agacement certain :

« Ils sont entrés. Les deux hommes. J'en suis certaine. Déclara-t-elle d'une voix calme, presque absente.

— « Ils » ? Sois plus précise Lara, rajouta Sieg qui avait honoré la réunion de sa présence. « Deux hommes » c'est vaste. Tu sais que mon imagination part vite très loin.

— Ces deux mécènes étrangers, venus par-delà l'océan. Leurs noms étaient atypiques, je ne pourrai pas les ressortir... Pour autant, mon instinct me dit de rester attentive.

— Tu n'as pas vu leurs visages ? Questionna Sieg d'un ton neutre, voire, ennuyé.

— J'ai vu deux hommes entrés en tant que prisonniers aujourd'hui. Et je dis juste que deux hommes excentriques ont remué la réception l'autre jour.

— Ton raccourci ne justifie rien Lara. On a autre chose à foutre ici. Si t'es pas ici pour nous filer un coup de main, retourne dans ta tour d'ivoire.

— Charmant Porco, c'est toujours un plaisir de te voir...

— On s'en fout. Soit t'as des infos, soit tu te casses. »

Épuisé de cette rivalité non nécessaire, Zeke souffla en posant la tasse pleine qu'il s'apprêtait à boire :

« Le rôle des mécènes est d'attirer l'attention Lara. Développes tes arguments. Elle se tourna le regard vers Zeke. Son visage, noble et maîtrisé, portait néanmoins les stigmates d'un trouble persistant.

— Le plus jeune parlait, il ne faisait que ça. Son regard n'était pas de ceux que l'on croisait tous les jours. Il s'intégrait si bien aux discussions qu'il aurait pu... Prendre le contrôle de toute la foule. L'autre à ses cotés, il n'avait rien d'un homme sociable. C'était comme s'il était l'ombre de son partenaire. Je ne me suis résous à oublier son regard.

— Description physique peut-être ? Demanda le chef qu'était Sieg, d'un ton encore plus ennuyé.

— Celui au regard froid était petit. Cheveux de jais. Lui, sans nul doute, il aurait voulu qu'on meurt dans un seul et même cataclysme.

— Qu'as-tu dit ? « Petit » ? Reprit le blond.

— C'est ça. Un homme de petite taille quoi... C'est compréhensible non ? Pieck ?

— Bien sur, moi je te comprends Lara. Avait-elle répondu d'un sourire simple.

— Alors ça a commencé... Murmura Sieg quasiment à sa propre conscience. Sans attendre, il s'avança vers un terminal puis appuya sur un bouton d'appel. Amenez-moi un dossier complet sur ces deux nouveaux arrivants portants des brassards blancs.

— Attends, ca te servirait à quoi ? Tu le connais ce type non ? C'est ton frangin ?

— Porco, pour le bien de la situation, tais toi. »

Sieg coupa le micro, le cœur battant à tout rompre. Un sourire carnassier apparut sur son visage et Porco lui-même se disait que pour une fois, il devrait réellement se taire.

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aha... trop drôle... et dire que je m'étais promis de ne pas écrire une histoire à plus de 100 chapitres.... 

Ce que nous avons ignoré.Des histoires addictives. Découvrez maintenant