Sa pâleur me rappelait la pureté d'une âme meurtrie par de nombreux évènements qu'une seule vie ne pouvait supporter. Je trouvais sa simple existence poétique, poignante et sans égale. Ainsi, nos corps dévoilés dans la clarté nocturne, je ne pouvais détacher mes yeux de lui. Ma bouche vint à embrasser sa fine nuque, son cœur battait si fort que je crus qu'il s'échapperait de sa poitrine. Dansant dans les draps frais, il me surplomba, glissant sa main dans mes longs cheveux :
« Ton visage... Susurra-t-il d'une voix chaude, pleine de douceur.
— Est le plus harmonieux que tu n'aies jamais vu ? Tentais-je dans un élan de confiance.
— Tu n'as même pas idée Eren. » Ainsi mon cœur tressauta, me faisant frôler l'arrêt cardiaque le plus meurtrier de ma vie.
Il agrippa mes hanches, me tirant plus près de son bassin. Nos intimités respectueusement dressées, se caressaient dans une lenteur si agréable que ma jouissance atteignit un nouveau palier de désir. Avec sa bouche, il se pencha vers ma peau avant de l'embrasser avec entrain, se promenant de mes clavicules jusqu'à mon menton, j'échappai un léger soupir de désir en me délectant de chaque seconde.
Livaï était un homme qui a toujours su voir une âme pour ce qu'elle était vraiment. Ce soir, avec une certaine assurance, je pouvais penser voir la sienne. L'homme au-dessus de moi se dévoilait avec vulnérabilité, j'aimais ses cicatrices des combats passés, elles dévoilaient un récit lourd qu'aucun ne pourrait témoigner à sa place :
« Eren, dis moi ce que tu veux que je fasse. Susurra-t-il en se penchant sur mon oreille droite, continuant de glisser ses doigts dans mes cheveux.
— Peux-tu... Me toucher... Là ? Je dirigeai sa main vers mon bassin, dans la clarté de la pièce, je crus voir un rictus se former sur son visage. Sa main me caressa quelques secondes, peut-être même une minute entière, avant de prolonger son tracé vers l'intérieur de ma cuisse. Un fin reflex de tremblement me prit, il était vraiment près.
— Ça te gêne ? Dis le moi, j'arrêterai de le faire pour trouver quelque chose de meilleur.
— Cette galanterie me donnerait presque envie de t'inciter à le faire mais je crois que...
— Oui, Jäger ?
— Que j'aime tout ce que tu fais. Approches. » Il se pencha sur mes lèvres, empoignant plus franchement mes cuisses.
L'on disait chez nous – non par ceux aux esprits les plus fins je l'accordais – qu'un homme atteignait une maturité suffisante quand il connut l'intensité d'un autre corps l'appelant à se dévoiler, dans toute son intimité. Ces barjots du bar de l'allée de l'ancienne caserne piaillaient à longueur de journée sur cette supposée jouissance personnelle mais au fond, même aujourd'hui, j'étais convaincu que leurs racontars ne servaient qu'à assouvir les fantasmes qu'ils ne pourraient jamais atteindre.
Je n'avais jamais pensé me révéler de la sorte auprès de quiconque, pas même dans mes fantasmes les plus fous. Je n'avais désiré personne avant la réalisation de mes sentiments pour lui. Mon corps n'avait été considéré seulement par le biais d'une instrumentalisation militaire en tant qu'arme. Je l'avais accepté et à la longue, construit mon identité autour de cela.
J'ignorais la manière dont Livaï appréhendait ses envies, pensait-il à ce que cela procurait à la fin ? Construisait-il un plan d'action dans ces moments-là ? L'avait-il déjà fait ? Et combien de fois ? Aimait-il cela ? :
« Desserres la mâchoire Eren, tu vas te la casser. Il l'entoura de sa paume, massant mes maxillaires. Cette attention toute particulière créa une boule chauffante dans mon ventre.
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Ce que nous avons ignoré.
FanfictionA JOUR !! Il y a cent ans, l'humanité a connu la peur et l'humiliation de vivre comme du bétail enfermé dans des murs d'enceinte de cinquante mètres de haut. La terreur de n'être qu'une espèce dominée. Les seuls à voir ce vaste monde sont les s...
