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    On mangea la soupe de Magali en enchaînant moult épisodes d'une série débile qui nous fit hurler de rire, non pas parce qu'elle était bien mais parce que c'était terriblement naze. En mettant de la musique, je surpris l'heure dans le coin de l'écran de l'ordinateur. 21heures passées. Le temps filait si vite en sa compagnie... Je me sentais toujours malade, et super fatiguée, mais j'étais si contente qu'Alessio soit là avec moi. Ça me donnait envie de veiller plus tard juste pour prolonger le moment.

« Ça va ? Me demanda justement Alessio. T'as pas l'air bien. Tu devrais te coucher, je pense.

─ Ouais heu... c'est vrai, je vais pas tarder. Mais... enfin, tu... tu veux bien me prendre dans tes bras avant ? S'il te plaît ? »

  J'avais bafouillé ça avec une maladresse que j'espérais touchante, pas pathétique...

  Il me considéra d'un air hésitant. J'attendis. Je l'entendais presque se demander si c'était bien raisonnable de répondre à ma requête... Finalement, à mon grand soulagement, il s'installa dos contre le montant du lit et souleva son bras, sans un mot. Je ne me fis pas prier ! Je me pelotonnai tout contre lui comme un chat contenté et il remonta la couverture sur moi.

  Pendant un moment, ni l'un ni l'autre ne parla. Il y eut vraiment un long silence. Alessio était sur son téléphone ; moi, je m'endormais presque, enivrée de son odeur. Soudain, je le sentis qui traçait machinalement des cercles du bout du doigt sur ma hanche, là où mon t-shirt bâillait naturellement parce que j'étais avachie sur lui. Ce qui me donna illico une sensation bizarre au creux du ventre, un mélange d'appréhension et d'excitation. Il souleva très légèrement le haut de mon pantalon pour lire le nom sur la bande rose de mon shorty.

« Calvin Klein, hein ? » Commenta-t-il, un poil taquin.

Je lui tapai sur la main.

« Te gêne pas, surtout ! Ben quoi, c'est une très bonne marque de sous-vêtements. (J'étouffai un bâillement). Et évidemment, je mets pas ça si je dois voir un mec. Bon, je sais que tu en es un aussi, mais toi, ça compte pas.

─ Merci, je suis flatté, répliqua-t-il, absolument pas vexé de ma pique. Tu mets quoi alors ? »

Je décidai de le provoquer pour voir.

« Un string. Ou un tanga. Mais souvent rien. C'est plus facile pour... enfin tu vois quoi.»

 Alessio écarquilla les yeux, et je ricanai intérieurement. Il ne pouvait pas gagner à ce jeu-là avec moi. J'étais redoutable et redoutée.

« Je vois, répondit-il d'une voix sans timbre.

─ Je t'interdis de m'imaginer en sous-vêtements sexys, insistai-je, sachant évidemment qu'il le ferait.

  Sur quoi je lui décochai un sourire plein de malice. A ma grande satisfaction, il rougit légèrement. C'était bien la première fois que je le voyais rougir depuis qu'il était entré dans mon Starbucks, près de trois semaines plus tôt.

« A quoi tu penses ?! Le taquinai-je.

─ A rien... », Bredouilla-t-il maladroitement.

Pouahaha !

« Mais bien sûr. Comme si j'allais croire ça » lui dis-je, et il rougit encore plus.

Sur ce, je lançai un M&M's en l'air et l'attrapai agilement avec ma bouche, tête renversée en arrière. Alessio m'en piqua une poignée et demanda :

« Tu m'en veux encore pour ce que je t'ai dit le soir du concert ?

─ Oui, et pas qu'un peu, merde. Tu as l'intention de présenter des excuses ?

L'heure bleueOù les histoires vivent. Découvrez maintenant