Mercredi 18 novembre
Dohko regardait inlassablement les quatre vidéos. Quelque chose le gênait mais il ne parvenait pas à savoir ce que c'était. Il avait convoqué les quatre étudiants, le soir même, pour un interrogatoire individuel. Il était persuadé qu'ils avaient été mêlés à quelque chose de plus grave. Ayoros avait insisté pour assister à chacun des interrogatoires. Dohko l'avait donc installé, sur ordre de ses supérieurs, dans l'une salle avec quatre liaisons vidéo, une pour chacun des élèves. Le surveillant général était en colère contre les quatre adolescents. Samedi soir, Albior l'avait appelé pour l'informer de deux choses. La première, Camus était rentré avec des coups au visage, sans pour autant donner plus d'explication que « je me suis battu ». Sans dire ni avec qui, ni pourquoi. Et la deuxième, DM n'était pas rentré au foyer. Certes, il avait retrouvé ce dernier plus vite qu'il ne l'aurait cru mais l'endroit où il l'avait vu lui déplaisait fortement. Il avait pu lui parler au poste de police. Mais le jeune homme n'avait quasiment rien dit. Il s'était essentiellement contenté de regarder la main esquintée à force d'avoir frappé sur le visage de son adversaire.
Le juge chargé de son dossier s'était même déplacé pour tenter de savoir ce qui s'était passé. Mais le jeune homme s'était contenté de tourner la tête pour regarder sur le côté et faire un doigt d'honneur qui, visiblement, était destiné à quelqu'un de précis mais non présent.
Ayoros n'avait fait aucun commentaire sur les interrogatoires. Il en avait simplement demandé une copie. Dohko avait été contre, il estimait, qu'en tant que civil, Ayoros n'avait pas à avoir accès à ce genre de document. Mais ces supérieurs avaient encore une fois accédé à sa requête.
Quelque soit la question, les quatre adolescents se bornaient à la même version, celle donnée par Aphrodite au policier lorsqu'il était venu la voir à l'hôpital.
Ayoros avait pourtant la même impression que l'agent Libra. Les quatre jeunes gens ne disaient pas toute la vérité. Néanmoins, ils ignoraient que DM était retourné en prison. Il avait été condamné, il y avait quelques semaines pour coups et blessures. C'était quelqu'un d'excessivement violent, selon les dires. Ça, les quatre jeunes gens s'en étaient aperçus sur le ring mais aucun d'eux ne le mentionna. Ils s'en tenaient obstinément à leur version.
- Tu vas finir par les connaître par cœur, ces vidéos, lui dit sa coéquipière en posant sa main sur son épaule.
- Il y a quelque chose qui cloche, mais je ne parviens pas à savoir quoi. Il se passe des choses dans cette école, j'en suis certain.
- Dis-moi, lui demanda-t-elle, les times codes sont bons ?
- Bien sûr, c'est moi qui les ai réglés.
- Regarde, lui dit-elle en montrant l'un des écrans. Seize heures quarante-trois, c'est l'heure à laquelle Mô s'est subitement arrêté, puis il a marmonné une prière, selon ses dires.
- Oui, j'ai bien vu et Aphrodite a...
Dohko sembla réaliser d'un seul ce que lui montrait sa collègue. Sur les autres vidéos, à la même heure, exactement, chaque adolescent avait eu une réaction. C'est Aphrodite qui avait eu la réaction la plus visible, un frisson l'avait subitement parcouru, comme si elle avait eu froid. Mô avait fait une prière. Mais les réactions de Camus et Rune avaient été les plus discrètes, le premier s'était uniquement figé et le second avait subitement tourné la tête, comme si quelque chose l'avait interpelé.
Le policier repassa plusieurs fois les mêmes séquences et le time code indiquait bien qu'ils avaient réagi en même temps. Mais à quoi ? Il était persuadé que c'était en rapport avec DM. Celui-ci s'était rendu au poste de police, samedi après-midi, le visage et une main en sang, le même jour que l'agression d'Aphrodite. Et bien que la jeune fille nie farouchement la présence de DM lors de son agression, Dohko ne croyait pas aux coïncidences. DM avait peut-être été là, à l'insu de la jeune fille et de ses amis et avait donné une bonne correction à son agresseur. Lui n'avait donné aucune explication sur ce qu'il avait fait.
Ayoros avait été furieux contre lui de s'être présenté à la police plutôt que de venir le voir à l'école.
- Te rends-tu compte des conséquences, lui avait-il dit. Tu vas retourner en prison.
- C'est pour ça que je ne suis pas allé vous voir, lui avait alors répondu DM à la grande surprise d'Ayoros.
Le surveillant général ne comprenait pas l'attitude résignée du jeune homme. Celui-ci était retourné à la contemplation de sa main meurtrie par les coups qu'il s'était acharné à donner. Ayoros aussi était persuadé qu'Aphrodite et les garçons savaient ce qui s'était passé. C'était pour cela qu'il avait voulu les convoquer le lundi matin. Mais il était aussi persuadé que l'arrivée de l'agent Libra avait fait taire les quatre adolescents, les enfermant dans la version qu'Aphrodite avait donnée au même policier, le samedi soir à l'hôpital.
Lui non plus ne croyait pas aux coïncidences. Mais les adolescents s'étaient entêtés dans leur version. Même la menace de voir partir DM en prison ne les avait pas fait changer d'avis. Ils avaient serré les dents mais ils étaient restés silencieux. Il n'arrivait décidément à rien avec eux : ils étaient d'une solidarité qui dépasser l'entendement.
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Etablissements Scolaires Sanctuary (Saint Seiya)
FanfictionEt si les constellations n'existaient plus, oubliées à jamais. Et si les dieux avaient disparu, faute de se souvenir et de croire en eux, faute de les aimer. Que deviendraient alors les Saints ? Les personnages présents appartiennent à Masami Kuruma...
