Les mensonges de Milo

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Jeudi 10 décembre

Camus n'avait fait aucune allusion, tout comme Albior, ni sur le départ de Milo, ni sur son retour le soir même. Mô avait persuadée ce dernier de continuer ses études, elle lui avait même fait promettre de ne pas abandonner. Quelque soit la raison qui l'avait poussé à retourner à l'école, Mô trouvait dommage d'abandonner aussi vite. Milo avait donc promis de continuer, bien qu'il s'ennuyait terriblement, mais à la seule condition que Mô reste également. Celle-ci avait fini par accepter, sur l'insistance de ses amis.

Camus n'était pas encore rentré et Milo soupira en s'asseyant au bureau de la chambre. Les études, ce n'était vraiment pas son truc. Il n'était là que pour Camus en fait. Seulement toutes ses tentatives pour sympathiser avec lui avaient échoué. Il ne parvenait pas à savoir ce qu'il pensait de lui. Son camarade de chambre lui avait bien dit lors de son arrivée qu'ils n'avaient rien à se dire mais Milo n'avait pas pensé qu'il ne lui dirait pas un mot, pas même un reproche auquel il aurait pu répondre. Il devrait peut-être changer de chambre, ou de foyer même, quitte à se retrouver avec les mômes. Seulement, il lui faudrait certainement un bon prétexte pour cela et il n'en avait trouvé aucun.

- C'est pas vrai ! râla-t-il en regardant la tâche qu'il venait de faire sur son tee-shirt.

Il posa son verre sur le bureau après l'avoir essuyé avec son vêtement, de toute façon, il était sale maintenant. Il dirigea vers l'armoire. Mais lorsqu'il ouvrit la porte du meuble, celle de la chambre en fit de même. Il tourna la tête pour voir Camus s'immobiliser à l'entrée de la pièce. Le jeune homme eut juste le temps d'apercevoir le corps de Milo juste avant que celui-ci ne le cache derrière la porte de l'armoire.

- Sors de là ! lui cria-t-il en lançant son tee-shirt sale vers lui alors qu'il s'exécutait aussitôt en réalisant que c'était bien Milo.

Le jeune homme claqua la porte derrière lui tout en essayant de rassembler un peu ses idées. Est-ce que Mô le savait, ce qui lui avait semblé avoir vu, lorsqu'il... elle lui avait dit de ne pas laisser Milo le troubler. Pour le coup, là, il était troublé.

- Bah, qu'est-ce que t'as, Camus ? rigolèrent deux adolescents de quatorze ans en passant devant lui. T'as vu Milo à poils !

Il les regarda pouffer de rire en s'éloignant. Il sentit ses joues chauffer. « Bandes d'idiots » se contenta-t-il de penser en essayant de retrouver un rythme cardiaque plus proche de la normale. Il se tourna vers la porte. Milo avait dû se rhabiller maintenant.

- Un problème, Camus ?

Le jeune homme tourna la tête vers Albior. Il avait dû entendre les deux adolescents rigoler.

- Non, aucun, finit-il par répondre.

- Tout ce passe bien avec Milo ?

La question d'Albior résonna dans la tête du jeune homme, comme un écho persistant.

- Oui, finit-il par répondre en posant la main sur la poignée de la porte mais sans pour autant l'ouvrir.

- Alors qu'attends-tu pour rentrer dans ta chambre.

Camus sentit son cœur s'accélérer de nouveau en repensant à ce qu'il avait vu, ou cru voir, de l'autre côté de cette porte. Il devait trouver une excuse, et une bonne. Mais il n'en avait aucune à fournir. La porte s'ouvrit subitement entraînant le bras du jeune homme vers l'intérieur de la pièce.

- C'est bon, tu peux entrer.

Sans attendre, sans même un regard pour Milo, Camus s'engouffra à l'intérieur de la pièce, pour ne pas avoir à donner une explication.

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