Ma sœur ?

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Milo se figea en entrant dans le bureau d'Albior. Il fut surpris d'y voir Ayoros, mais pas seulement. Tasha était là, elle-aussi. La femme avec qui il l'avait parlée devant l'école le poursuivait jusque-là.

- Je n'ai rien à lui dire, déclara Milo d'un ton sec, furieux que la jeune femme soit parvenue à effacer toutes ses sensations dues au baiser de Camus.

- Ta sœur doit te parler, Milo, lui dit Ayoros en sortant du bureau avec Albior.

- Alors ça, ce serait nouveau... (La porte de la pièce se referma derrière les deux hommes)... que j'ai une sœur.

- Je suis surprise de te voir... ici.

- Qu'est-ce que ça peut te faire, rétorqua Milo en fourrant les poings dans ses poches. Ça ne change rien à ta vie.

- A moi, non. Mais que dira ton beau copain en s'apercevant que tu n'es pas ce qu'il pensait. Parce qu'il ne faut pas te leurrer, c'est un homme et à un moment où à un autre, il va vouloir autre chose que des baisers.

Tasha s'était approchée de Milo pour prononcer ces derniers mots d'une voix plus basse en y mêlant sous-entendus et évidence.

- Tu vois, lui répondit Milo en s'efforçant de sourire. Ça n'arrivera pas, Camus n'est même pas mon ami, alors quand à coucher avec lui... Mais ce qui me rassure, c'est que tu ne poseras pas tes mains sur lui.

- Tu crois ça ? Pour ton information, j'ai déjà couché avec des gars qui se croyaient gays. Alors, ton copain ne fera pas exception.

- Je ne crois pas que tu mesures à quel point il est têtu. Mais c'était pas la peine de venir jusqu'ici pour me dire ça.

Milo tourna le dos à Tasha pour poser sa main sur la poignée de la porte.

- Papa n'est pas bien.

Milo s'immobilisa un instant. Tout un tas de souvenirs remontèrent d'un seul coup à la surface. Il n'avait pas envie de pleurer, il n'était même pas en colère. C'était fini, ce temps là. Du moins, il l'espérait.

- Ce n'est pas mon problème, répondit-il froidement. C'est le tien.

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Camus était installé sur son lit, un livre à la main. La porte se referma derrière Milo. Mais aucun d'eux n'accorda un regard à l'autre. Il regarda un moment le sac posé sur son lit. Finalement, il n'aurait pas dû venir, il n'aurait pas eu à promettre à Mô qu'il continuerait ses études, choses pour lesquelles il n'était pas doué. Mô lui avait simplement dit qu'il avait arrêté trop longtemps. C'était gentil de sa part mais Milo était réaliste, il n'était pas doué avant, ça ne pouvait pas avoir changé maintenant.

Toujours sans dire un mot, Milo attrapa son sac et il le fourra à sa place, sous son lit.

- Tu restes, finalement.

- Pour l'instant. J'ai demandé à Ayoros de changer de foyer.

Camus arrêta sa lecture sans pour autant relever le nez. Son esprit venait de se vider, d'un seul coup. Il serra les dents sans rien ajouter. Il n'aurait jamais dû...

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Lundi 14 décembre

Milo s'était fait interpelé par les amis de Camus pour davantage d'informations sur ce qui s'était passé récemment. Bien sûr, Camus leur avait expliqué et Milo s'était attendu à devoir s'expliqué mais celui-ci avait persisté, c'était ses problèmes et quelques soient les bonnes intentions des jeunes gens, ça ne les regardait pas.

Camus le regardait en silence. Il en avait voulu à Milo au début d'avoir pris la place de DM. Il n'était pas arrivé au bon moment. Notamment parce qu'il s'était battu pour Tockel. Même si Milo leur avait certifié qu'il ne le connaissait pas. Ce n'était pas lui qui l'avait recruté. Et c'était la première fois qu'il participait à ce genre de combats. Habituellement, il faisait plutôt du combat de rue. Il avait rencontré Tockel pour la première fois en descendant du ring où il lui avait violemment reproché d'avoir abandonné.

- Pourquoi as-tu abandonné en fait ? lui demanda DM. Ce n'est quand même pas la force de Camus qui t'a fait peur.

Camus n'avait pas relevé la remarque DM, il savait qu'il ne savait pas se battre.

- Eh ! ne plaisante pas ! répondit Milo en portant sa main à l'endroit où il avait reçu le coup. Il frappe fort mine de rien.

Le jeune homme n'avait rien dit sur le froid qu'il avait ressenti à ce moment-là et qui avait duré un moment.

DM avait très envie d'affronter de nouveau Milo. Mais maintenant, c'était quasiment impossible. Le jeune homme était très surveillé à cause de ses crises de mort apparente. Même la nuit, Marine, la gérante du foyer des enfants, le surveillait.

- Elle doit pioncer le jour, celle-là ! bailla DM en s'étirant sur sa chaise.

- Ce n'est pas très agréable de savoir que tu peux ressembler à un mort ! rétorqua Camus. Surtout pour celui qui te trouve.

- Ho, tu vas pas en faire un fromage !

- Je suis d'accord avec Camus, renchérit Rune en se penchant vers Aphrodite et Mô pour leur faire la bise. Ce n'est pas du tout agréable.

- A choisir, je préfère le cadavre de DM à ton noyé.

- Moi-aussi.

Rune avait fait des efforts depuis que les guêpes les avaient agressés, Minos et lui. Il était un peu moins à la bibliothèque. Minos, elle, était un peu plus réticente. Elle n'appréciait pas trop les nouveaux amis de Rune. Elle restait persuadée que ce qui leur était arrivé était uniquement à cause d'eux. Elle n'appréciait pas trop non plus qu'il fasse aussi la bise à Aphrodite et Mô. Même s'il s'était aussi mis à l'embrasser sur la joue pour lui dire bonjour. Elle trouvait ça un peu déplacé.

Elle laissa son regard errer sur les légers fils qui pendaient aux poignets d'Aphrodite. Celle-ci ne semblait pas en avoir conscience, tout comme ses amis.

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- Alors Milo n'est pas parti finalement ?

- Non, mais il veut changer de foyer. Il semblerait que Camus ait une préférence pour les hommes et ça gêne Milo.

- Camus a des préférences ? Il n'en avait rien montré jusque-là. Milo ne changera pas de foyer, il est bien avec Camus. Et leurs entrainements le matin ?

- Albior m'a dit avoir été surpris qu'ils aient autant d'endurance, l'un comme l'autre.

Etablissements Scolaires Sanctuary (Saint Seiya)Des histoires addictives. Découvrez maintenant