Mauvais sort

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Vendredi 26 février

Il resterait une semaine pour se remettre des événements qui venaient de se dérouler dans la forêt. Une semaine avant la reprise des cours, pour tous. Pour les jeunes gens, comme pour Ayoros et Saga.

Ayoros n'avait rien dit sur le comportement de DeathMask envers cette brute, responsable de l'était critique dans lequel se trouvait le petit Isaak. Le jeune homme l'aurait certainement tué si Saga ne l'avait pas arrêté avant. Seulement, Ayoros avait eu l'impression que le professeur se serait lui-même chargé de la sale besogne. Seulement ce n'était pas la façon de faire du surveillant général. Cet homme, comme son comparse, devrait passer devant la justice pour les crimes commis. Il avait regardé fixement DeathMask puis l'enfant étendu au sol. Son père était mort alors qu'Ayoros plaquait ses mains sur son cou. Ses derniers mots avaient été pour son fils. Agonisant, il suppliait Ayoros d'aider son fils. Et aujourd'hui, Isaak se trouvait toujours à l'hôpital, il avait perdu beaucoup de sang et son corps avait une température trop basse. Les médecins doutaient qu'il s'en sorte et ce même si l'enfant s'était réveillé. Le surveillant général en frémissait encore, rien que d'y penser. Tellement de souvenirs remontaient d'un seul coup à sa mémoire.

Et puis, enfin, Ayoros l'avait rencontré ce Shura dont Ayor lui avait parlé après l'agression de Minos et de Rune, dans la bibliothèque pour ce dernier et dans la rue pour la jeune fille. C'était lui alors qui avait coupé le bras de cette guêpe avec le sien. Le pompier avait expliqué sa présence, auprès de Camus surtout. Cet incident avait beaucoup choqué le pompier. Savoir qu'il pouvait, d'un simple geste du bras, trancher un membre aussi facilement qu'un couteau rentre dans du beurre l'avait beaucoup perturbé. Lui qui avait toujours consacré sa vie à sauver celles des autres avait craint pendant des semaines de blesser ou même pire, de tuer ceux qu'il voulait aider. Alors depuis ce jour, il s'était isolé dans la forêt, plus qu'il ne l'aurait cru, il n'avait pas vu le temps passer, pour ne blesser personne, pour tenter de maîtriser cette étrange capacité. Il avait effectué plusieurs essais pour tenter de comprendre dans quelles circonstances son bras tranchait, en s'entrainant rigoureusement.

Il aurait certainement fini en ermite s'il n'avait pas croisé la route de Fenril et de son petit protégé, ils lui avaient rappelé pourquoi il avait voulu devenir pompier. Et finalement, heureusement pour Minos et Isaak. Bien que pour ce dernier, il n'avait rien fait de plus. Mô avait parfaitement su lui prodiguer les premiers soins. Heureusement qu'elle avait prévu davantage de choses dans sa trousse de secours et surtout qu'elle ait su les gestes à faire. Si le garçon avait pu arriver vivant à l'hôpital, c'était grâce à elle même si les médecins restaient inquiets.

Ayor avait vu le regard que Shura avait adressé à Camus. Alors c'était lui qui avait gelé le gond de la porte coupe-feu à l'aquarium, le jeune homme en était certain. Une capacité qui allait bien avec la froideur qu'il affichait constamment.

Tout le monde était rentré, sauf Camus qui avait demandé à rester près de l'enfant. Mô aussi aurait voulu rester mais elle devait récupérer Myu. Alors Ayoros leur avait laissés des téléphones portables pour que Camus puisse donner des nouvelles. Il avait aussi conseillé à Milo de faire installer le téléphone à Silver Moon, surtout avec la présence d'un enfant sous son toit. Mais dès leurs retours, c'est Rune qui s'en était chargé et deux jours après l'appareil était installé. Et c'était vraiment par nécessité parce que Milo n'avait personne à appeler, pour Mô c'était pareil. Aphrodite avait ses amis à porter de main donc elle n'avait pas besoin de les appeler et Rune fit parvenir le numéro à ses parents.

Malgré les conseils d'Ayoros, Mô n'avait pas voulu attendre pour reprendre les cours avec Pandore. Elle était devenue plutôt maladroite ces derniers temps, depuis qu'elle avait manqué de se faire renverser par une voiture le jour où Ayor l'avait raccompagnée, c'était d'ailleurs pour cela qu'il l'avait ramenée. De petites choses échappaient régulièrement des mains de la jeune Tibétaine, notamment les objets en hauteur qui manquaient à chaque fois de lui tomber sur la tête. Ou alors elle ratait régulièrement une marche dans les escaliers. La jeune bouddhiste n'était pourtant pas d'un naturel distrait.

- Quelqu'un t'a jeté un mauvais sort, lui lança DeathMask alors qu'Ayor et lui lâchait enfin la main d'Hadès qui fila avec Myu.

- Ne raconte pas n'importe quoi, Angelo, lui répondit Rune.

Le concerné tiqua en entendant le jeune homme l'appeler ainsi. Si ses amis n'avaient eu aucune difficulté pour utiliser ce prénom, lui en avait davantage pour s'y accoutumer.

- Les sorts, ça n'existent que dans les films, reprit Ayor.

Milo et DeathMask le regardèrent. S'il avait vu ce qu'ils avaient vu parfois, il ne dirait pas une telle chose ! Mais pour Ayor, ils avaient simplement rencontré des gens avec des capacités particulières, sous-entendu que personne ne releva et Rune se contenta d'approuver le jeune homme. Seulement, les propos de Mô stupéfièrent tout le monde.

- Pour qu'un sort fonctionne, il faut que celui qui le subit y croit. Plus il y croit et plus le sort est puissant et efficace. Sinon, le sort n'aura quasiment pas d'effet, voir aucun. Ce qui donne la force à quelque chose, c'est la croyance.

- Mais quand t'as vu certaines choses, Mô, tu peux pas faire autrement que d'y croire.

- Pas forcément, Milo. Il y aura toujours une différence entre ce que tu crois parce que tu l'as vu et la foi. Tu n'as pas besoin de croire en quelque chose que tu sais exister, comme le vent par exemple. C'est pour cela que certaines choses sont tombées dans l'oubli ou ont considérablement perdus de leurs puissances, simplement parce que les gens ont cessé d'y croire ou ont trouvé une explication plus « rationnelle » qui leur convenait mieux.

- Donc, quelqu'un t'a jeté un sort de maladresse.

- Non, rigola Mô, le regard brillant. Ce genre de chose ne se pratique plus au Tibet. Par contre, je suis peut-être hantée.

- Hantée ?! s'exclama Ayor surpris. Tu... tu veux dire... par un fantôme !

- Où une âme qui se serait perdue et qui chercherait désespérément à se raccrocher à quelque chose qu'il croit reconnaitre.

En prononçant ces mots, la jeune fille s'adressait directement à Hypnos dont elle soupçonnait la présence auprès d'elle. Le problème, et ça elle omit volontairement de le dire, c'était qu'au début, elle avait simplement cru à un rêve mais comme celui du village, il avait persisté. Elle ne parvenait pas à bien se souvenir de son visage mais il était là chaque nuit, dans ses rêves et parfois même près d'elle dans la journée, et ce depuis son réveil. Oui, la première fois qu'elle l'avait vu, c'était dans son rêve avec tous ces béliers et à son réveil, elle avait oublié une partie de ses souvenirs. En était-il responsable. La coïncidence était troublante et le rapprochement était facile à faire.

Etablissements Scolaires Sanctuary (Saint Seiya)Des histoires addictives. Découvrez maintenant