DeathMask avait fini par le laisser entrer. Il était contre puisqu'il était de mèche avec les jumeaux, mais Dohko énormément insisté, lourdement même. Il devait absolument parler à Mô. Alors c'était, soit DeathMask le laissait entrer de son plein gré, soit il convoquait la jeune fille au poste de police, et avec les propos qu'elle y avait tenus, ce serait certainement du plus mauvais effet. Angelo avait alors serré les dents en le laissant entré dans la maison mais à peine dans le salon, il demanda à Mô ce qu'elle avait été « foutre chez les flics ». Mô le regarda avec étonnement, surprise qu'il soit au courant vu qu'elle n'en avait pas parlé.
La réponse ne tarda pas à venir puisque Dohko entrait à son tour dans le salon. Celui-ci visualisa rapidement la pièce notamment l'étrange verrière sphérique. Mais il n'y avait pas que cela qui était étrange dans cette maison. Dohko le sentait. Et les jeunes gens, le ressentaient-ils eux-aussi ? Le policier salua tout le petit monde qui s'était tu à son arrivée dans la pièce, il n'était pas spécialement le bienvenu, ça aussi il le sentait bien. Mais ce n'était pas le plus important pour l'instant. Il voulait parler à Mô et il aurait préféré le faire en privé mais tout ce qu'il avait pu obtenir, c'était de se mettre un peu à l'écart, aucun des jeunes gens n'étant disposés à le laisser seul avec Mô. Ils faisaient de nouveau bloc autour de l'un des leurs, constata Dohko. Et bien qu'elle apprécia ce geste, la jeune bouddhiste entraina tout de même le policier un peu à l'écart.
- Que se passe-t-il ? lui demanda-t-elle en sentant la gêne du policier.
- Ton rêve, celui dont tu m'as parlé, tu le fais toujours. (Il vit le visage de la jeune fille se tendre légèrement). Es-tu seulement empathique, Mô ?
- Quoi ?! De quel rêve vous parlez ? Mô ?
La jeune fille détourna son regard un instant. Alors le policier l'avait vraiment prise au sérieux. Mais pourquoi avait-elle été en parler ? Pour avoir une réponse, certainement. Mais avec quelles conséquences ?
Dohko regardait aussi bien la jeune fille que ses amis. Elle ne leur avait donc rien dit. Surpris, le policier se frotta le front. Il aurait vraiment dû insister pour lui parler en privé mais il était si sûr que Mô avait parlé de son rêve à ses amis. Il s'était donc trompé, même à eux, elle ne disait pas tout. Mô dévisagea un instant le policier puis, elle dut bien se résoudre, sous l'insistance de ses amis, à leur raconter ce fameux rêve où elle se voyait tuer les gens d'un village, de son village natal pour être exacte mais elle omit tout de même de parler du plaisir qu'elle semblait y prendre. Ils furent quelques peu surpris et ils eurent du mal à croire que Mô puisse être capable de ce genre d'atrocité. Non, pas Mô ! C'était impossible, elle était non-violente ! Elle ne pouvait même pas y être mêlée ! Ce ne pouvait pas être un des souvenirs de la jeune fille ! C'était simplement un cauchemar ! Mais on ne connaissait jamais vraiment les gens, selon Dohko et tout le monde avait quelque chose à cacher.
- Et quoi ? demanda DeathMask d'un ton abrupt en s'approchant du policier. Vous êtes venu l'arrêter ? Vous avez des preuves pour ça ?
Il voulut bousculer Dohko mais sa main s'arrêta à une dizaine de centimètres du bras que le policier venait de lever pour se protéger. Surpris, DeathMask essaya de nouveau de se saisir de Dohko, voir de le frapper sous les regards surpris de ses amis, mais en vain. C'était comme si un écran invisible l'empêchait d'atteindre sa cible.
- Arrête, Angelo, lui dit Aphrodite en posant sa main sur le bras de son ami. Tu vois bien que tu ne peux pas l'atteindre.
« Angelo » ? Ouh là, Dohko avait dû s'absenter trop longtemps et il avait raté quelques informations. Il n'était pourtant pas fait mention d'un prénom dans le dossier de DeathMask.
- Je ne suis pas venu en ennemi, « Angelo ». Je sais que Mô n'a rien fait, elle n'avait que cinq ans à l'époque.
Alors il s'expliqua à son tour. Après la visite de Mô au poste de police, Dohko avait été plus qu'intrigué par les propos de la jeune fille et il avait décidé de mener sa propre enquête. Il avait donc pris quelques jours de congé pour partir au Tibet. Pas qu'il n'est pas confiance dans les autorités là-bas mais ça s'était passé voilà plus de dix ans dans un village plutôt isolé. Et puis, il y avait toujours une ou deux questions que l'on ne pense pas à poser. Il vint aussitôt une image étrange dans l'esprit de Rune, celle de Dohko vêtu d'un vieil imperméable, avec un œil qui disait merde à l'autre et un bout de cigare à la main en train de dire un truc du genre « ma femme me dit toujours... » avec une voix cassée. Euh, est-ce que Dohko était marié, seulement ?
Donc, Dohko était parti au Tibet pour chercher des informations sur cet événement et il avait appris que seul les enfants avaient survécu au massacre, mais tout ce qu'ils avaient pu dire à l'époque fut qu'un démon étaient venu dans le village punir pour les habitants des fautes qu'ils avaient commises. Le policier avait eu du mal à retrouver ses enfants devenus des adultes et beaucoup d'entre eux avaient refusé de parler de cette funeste journée, de crainte que ce démon ne revienne pour les punir. Mais l'un d'entre eux avait tout de même, non sans crainte, accepté de parler de ce jour-là et surtout de donner une description du démon en question et ce dont était sûr Dohko, c'était qu'il ne s'agissait pas de Mô. D'où la question : était-elle seulement empathique ? Parce que d'une façon ou d'une autre, elle avait eu accès à ce souvenir qui ne lui appartenait pas. Si Mô fut soulagée de ne pas être l'assassin de ces gens, elle dut toute de même s'asseoir. Alors ce que les habitants de son village lui reprochaient était vrai. Elle pouvait lire les pensées des autres. Leurs sentiments, leurs sensations, oui mais pas leurs pensées. Elle sortit de ses pensées pour fixer Dohko qui s'était accroupi près d'elle.
- Autre chose qui n'a rien à voir mais j'ai besoin de savoir, Mô, tu ne te souviens vraiment pas des jumeaux Gemini ?
La jeune fille finit par secouer la tête après un moment de réflexion. Mais son esprit était déjà sur autre chose. Tout ce dont elle se rappelait était bien ce souvenir. Mais de qui ? Et qui avait pris autant de plaisir à tuer ces gens ? Elle frissonna. Et elle dans tout ça, de quoi pouvait-elle être sûre ? Qu'est-ce qui était à elle. Était-ce tous ces souvenirs « parasites » qui l'empêchaient de se rappeler de ces dernières semaines ? Alors ce pommier aux fruits violets qu'elle se souvenait avoir vu appartenait-il aussi à ce monstre ? Et lorsqu'un de ces souvenirs lui remontait en mémoire, ce n'était pas forcément l'un des siens.
- Cet homme, vous savez qui il est ? Il a à voir avec les jumeaux ?
- Je n'ai qu'une description assez vague et je ne sais pas s'il a un lien avec les deux frères.
Le policier connaissait les jumeaux depuis un moment et pour être honnête, il ne pensait pas qu'ils y étaient mêlés. Mais juste au cas où, il demandait aux jeunes gens d'être prudents et de ne jamais laisser Mô toute seule, de noter tout ce dont elle se souvenait même si ça lui paraissait anodin. Et de l'appeler s'il y avait quoique ce soit. Mais ça il doutait qu'ils le fassent.
- Mô, pourquoi tu n'as rien dit ? lui demanda Aphrodite dès que Dohko eut quitté la maison. Tu n'as pas confiance en nous ?
- Mets-toi un peu à ma place, Aphrodite. Je reprends connaissance après une dizaine de jours d'un mystérieux sommeil et il me manque une partie de mes souvenirs et de mon empathie. Je veux bien croire que nous soyons amis mais vous ne m'avez pas tout dit de ce qui s'était passé.
- Nous ne voulions pas te brusquer avec des choses qui nous dépassent. Et puis, il n'y en a pas un d'entre nous qui ne te doive pas quelque chose. Alors il nous a semblé normal de prendre soin de toi. Mais on s'y est mal pris.
Mô se contenta de sourire en hochant légèrement la tête.
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Etablissements Scolaires Sanctuary (Saint Seiya)
FanfictionEt si les constellations n'existaient plus, oubliées à jamais. Et si les dieux avaient disparu, faute de se souvenir et de croire en eux, faute de les aimer. Que deviendraient alors les Saints ? Les personnages présents appartiennent à Masami Kuruma...
