L'étoffe d'un dieu

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Vendredi 19 février

Camus avait entamé la lecture des magazines de la salle d'attente. Il était plus tranquille maintenant, la température d'Isaak était proche de la normale. Il avait même repris connaissance mais son état restait préoccupant. Du coup, la police n'avait pas pu l'interroger, les médecins s'y étaient opposés, comme ils s'étaient opposés à la présence de Camus. Mais les d'Arioto avaient suffisamment d'influence dans la région pour imposer la présence du jeune homme auprès d'Isaak. Lorsqu'il était réveillé, l'enfant restait silencieux, le regard fixé au plafond. Il était en état de choc et il fallait le laisser tranquille selon les médecins. Mais Camus se contentait de rester près de lui, sans rien dire. Le jeune homme n'était pas bien bavard, alors rester silencieux pendant des heures ne le dérangeait pas. Il gardait le nez dans un livre ou un magazine mais il surveillait aussi le garçon. Mais pour l'instant, l'enfant ne bougeait pas.

La nuit s'était étendue depuis un moment. Les infirmières étaient passées voir Isaak vers vingt et une heures. L'enfant s'était réveillé dans l'après-midi mais il n'avait toujours pas prononcé un mot. Pour l'instant, il s'était rendormi. Camus somnolait et d'ici peu, lui-aussi sombrerait dans le sommeil. Mais une petite voix le sortit de sa somnolence. Près du lit, une fillette avait posé ses deux mains sur les couvertures et elle semblait s'adresser à quelqu'un. Camus la dévisagea un moment.

- Que fais-tu là ? lui demanda le jeune homme. Tu devrais dormir.

La petite fille tourna lentement la tête vers Camus. Elle le regarda un moment avant de lui répondre.

- Je dors n'importe quand, tu sais. Alors parfois la nuit, je ne dors pas toujours.

Sa voix était à peine audible et Camus peinait à l'entendre. Il devait se monter plus attentif pour comprendre ce qu'elle disait.

- A qui parlais-tu ?

La fillette le dévisageait toujours mais il la voyait donner de très brefs coups d'œil sur le côté, vers Isaak. Elle sembla se contracter pendant un instant avant de reprendre à l'attention de Camus.

- Ce n'est pas grave, tu sais. Il ne me fait pas peur.

- Qui donc ?

La petite fille sourit mais Camus vit soudain comme une ombre dans les yeux bleus clairs de l'enfant.

- Tu sais, on finit tous par le voir, l'homme aux cheveux et aux yeux d'argent.

- Tu le connais ? tenta Camus dont la description de cet homme ressemblait à celle faite par Rune. L'un de mes amis a rencontré un homme ressemblant à cette description.

- Ah. Dis, le garçon, c'est ton petit frère ?

- Non, pourquoi ?

- Bon, alors tu ne seras pas triste quand il va mourir.

La réplique de la fillette saisit le jeune homme. Il se leva pour s'accroupir près d'elle.

- Pourquoi es-tu à l'hôpital ?

Elle haussa les épaules. Les médecins ne savaient pas ce qu'elle avait. Sa santé se dégradait à l'automne et elle passait des semaines à l'hôpital à passer une multitude d'examens qui n'aboutissaient jamais à rien. Les médecins ne trouvaient jamais rien, ils étaient incapables de déterminer ce qu'elle avait. Et puis, elle retrouvait la santé aux beaux jours sans explications. Et c'était comme ça tous les ans depuis sa naissance.

- Dis-moi, comment sais-tu qu'Isaak va mourir ?

En lui posant cette question, Camus pensait évidemment à Rune et à sa capacité de voir la mort sur les visages des gens sur le point de mourir. Mais la réponse ne fut pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Perséphone, puisque c'était son nom, savait qu'Isaak allait mourir simplement parce qu'elle avait vu la Mort près de lui. Elle l'avait vu passer dans le couloir tout à l'heure et elle l'avait suivi jusqu'à la chambre d'Isaak. Par contre, elle avait été surprise de voir que cette fois, la Mort n'était pas seule et la description qu'elle fit du deuxième homme fit sursauter l'étudiant. Il se redressa brusquement pour scruter la chambre.

Etablissements Scolaires Sanctuary (Saint Seiya)Des histoires addictives. Découvrez maintenant