« Fred... » murmurai-je, haletante, en me relevant aussitôt du sol enneigé en même temps que Draco.
Nos yeux se fixèrent intensément alors que nous restions là, immobiles. Je sentis mon cœur s'emballer tandis que je levais les yeux vers Fred, qui se tenait seulement à quelques pas de nous.
Il me regarda en retour, d'un air vide, son expression indéchiffrable, ce qui fit étrangement souffrir mon cœur.
« Je te rejoindrai plus tard », chuchotai-je à Drago par-dessus mon épaule, et il acquiesça avec hésitation, s'éloignant après avoir jeté un dernier regard vers Fred.
« Alors c'était ainsi que tu comptais gagner sa confiance ? En le menant en bateau ? » dit enfin Fred lorsque Drago disparut de notre vue, et je me sentis malade de culpabilité, même si ce n'était pas vrai.
Ce ne fut qu'alors que je commençai à sentir le froid mordant, mon nez s'engourdissant tandis que ma respiration s'accélérait.
« Ce n'était pas ce que tu crois », tentai-je de dire en avançant lentement vers lui, mais ma voix sortit plus faible qu'elle n'aurait dû l'être. « Drago et moi, nous sommes juste — »
« Amis ? » Il haussa un sourcil, demeurant impassible. J'allais en réalité dire « cousins », mais je ne trouvai pas la force de l'interrompre ni de le corriger. « Quel genre d'amis sortent ensemble et finissent par faire ce que vous faisiez tous les deux un jour de la Saint-Valentin !? »
« L-la Saint-Valentin ? » répétai-je d'une voix vide. « J-j'avais oublié — »
« Eh bien, c'est compréhensible », répondit-il platement, la moquerie évidente dans sa voix.
« Qu'est-ce que ça veut dire !? » m'exclamai-je, les sourcils froncés.
« Cela veut dire que je ne cessai de penser à toi tout ce temps ! Alors je pensai venir te surprendre en ce jour ! Mais tu avais été trop occupée dernièrement pour même t'en souvenir ! »
Je le regardai, bouche bée, de longues secondes durant. « Il n'y a rien entre Drago et moi ! Fred — » Je soufflai, incrédule, secouant la tête en sifflant : « c'est mon cousin ! »
Il cligna des yeux plusieurs fois, silencieux. « Il est — quoi !? »
« Tu ne savais pas ? »
Il arborait une expression déconcertée. Nous nous fixâmes mutuellement, comme si nous n'en croyions pas nos oreilles. Alors, je baissai encore plus la voix en m'approchant de lui et dis :
« Le nom de jeune fille de la mère de Drago était Black ! Elle est la cousine germaine de mon père et de Sirius ! Ce qui fait de Drago et moi des cousins issus de germains ! Je ne sais pas comment c'est dans vos familles de sorciers et vos histoires de sang-pur tordues, mais là où j'ai grandi, nous ne songeons même pas à sortir avec des cousins aussi proches ! »
Il humidifia ses lèvres qui s'étaient totalement asséchées, à la fois de choc et à cause de l'air glacé. Il me fixait toujours.
« J-j'ignorais qu'il était ton — » tenta-t-il de dire, « c-c'est juste que tu avais dit que tu avais eu le béguin pour lui — »
« Pas pour lui ! Pour un personnage fictif ! » rétorquai-je, sans même être sûre que cela eût un sens. « J'aimais seulement lire à son sujet ! Mais jusqu'à l'an dernier, je le méprisai en personne ! Et maintenant, je réalisai que j'avais eu tort de le juger... et franchement, toi aussi, d'avoir cru que je voudrais jamais être avec lui ! »
Mais Fred ne dit rien, comme absorbé par ses pensées, respirant lourdement par les narines. Puis, sans prévenir, il fit volte-face pour s'en aller.
« Fred ? Où vas-tu !? » l'appelai-je, mais en un clin d'œil, il disparut par transplanage.
« FRED ! »
Mais c'était inutile de crier encore. Il était parti, emportant un morceau de mon cœur avec lui. Je regagnai le château, les larmes menaçant de couler tandis que je faisais tout mon possible pour les retenir. J'ignore combien de temps il me fallut pour atteindre le château, mais quand j'arrivai au deuxième étage, mes larmes commencèrent à dévaler mes joues.
Je trouvai une salle déserte et y entrai, m'asseyant sur une marche voisine, pleurant en silence.
À peine une minute passa que quelqu'un dit doucement derrière moi : « Hé. »
Jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule, je vis Drago s'avancer vers moi. Je tentai d'essuyer mes larmes avec ma manche, mais il les avait déjà remarquées en s'asseyant près de moi sur la marche.
« Ça va ? » demanda-t-il, assez maladroitement.
« Mieux que jamais ! » dis-je avec un rire sarcastique.
De longues secondes de silence régnèrent dans la pièce tandis que nous restions assis, sans même nous regarder. Jusqu'à ce que Drago décidât enfin de rompre le silence.
« Écoute... » soupira-t-il profondément avant de poursuivre, « j'ignore ce qui s'est passé entre toi et Weasley... et je sais que ce n'est pas le moment... mais il y a quelque chose que je dois avouer, avant qu'il ne soit trop tard et que tu l'apprennes de quelqu'un d'autre, et que les choses ne deviennent encore pires pour toi qu'elles ne le sont déjà... »
« Q-quoi ? »
« Bon... j'avais accepté de venir à Pré-au-Lard avec toi, non ? » commença-t-il avec hésitation. « Eh bien... Crabbe et Goyle allaient se douter de quelque chose — malgré leur stupidité — alors je leur ai un peu menti et je leur ai dit que je t'avais invitée pour... tu sais... découvrir ce que tu manigançais — pourquoi ris-tu ? » Il haussa un sourcil alors que je laissai échapper un petit rire.
« Oh, je vais sembler horrible en disant ça », ris-je, « mais j'avais dit la même chose à mes amis. »
Drago me lança un regard avant d'éclater de rire. « Le fait que tu n'ait pas envoyée à Serpentard m'échappe totalement. »
Je souris, secouant la tête, puis détournai les yeux vers mes pieds.
Drago rompit encore le silence. « À propos de ce qui arriva aujourd'hui — je n'aurais pas dû — »
« Ce n'était pas ta faute », dis-je vite. « Ni celle de Fred... Tout était de ma faute. Je semblais toujours tout gâcher. Même si je ne le voulais jamais. J'aurais seulement aimé que les gens comprennent que je ne veux jamais blesser qui que ce soit... » Je soupirai de nouveau, les larmes brouillant encore ma vue.
« Eh bien, si tu veux mon avis, tu es mieux sans lui », marmonna Drago entre ses dents, sombrement.
Je fronçai les sourcils. « C'est-à-dire ? »
« Cela veut dire que — que — » Je le vis lutter pour trouver ses mots. Il évitait mon regard, jusqu'à ce qu'il se tournât enfin vers moi, ses yeux pâles se plongeant dans les miens, et il murmura : « Je crois que je tombe amoureux de toi. »
Mes yeux s'écarquillèrent. Mon visage pâlit. Mais avant que je ne puisse réagir, avant que je ne puisse l'arrêter, avant même que je ne puisse bouger, Drago se pencha et pressa soudain ses lèvres contre les miennes.
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Moldue - Fred Weasley
FanfictionJe ne suis pas l'auteur de cette histoire, je ne suis que la traductrice. Tous les droits reviennent à @TinaX2 . Résumé: Lexi Hooper est fan d'Harry Potter depuis le tout début. Un jour, Lexi et son amie décident d'aller à la gare de King's Cross po...
