Chapitre 156

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Tout le monde sembla assez indifférent à l'arrivée de Maugrey, même si légèrement soulagé. Mais ils ne tardèrent pas à lui poser des questions pour s'assurer qu'il était bien le vrai Maugrey. Et une fois rassurés à ce sujet, ils furent surtout curieux de savoir ce que Mondingus avait bien pu faire.

Mais pas moi.

À sa vue, mes yeux s'écarquillèrent et, avant même de réaliser ce que je faisais, avant même de pouvoir me retenir, je courus vers lui et lui passai les bras autour du cou, le serrant dans mes bras.

« Lâche-moi, idiote ! Qu'est-ce que tu crois foutre, bon sang ? » grogna Maugrey en essayant de me repousser. « Lâche-moi ! »

Mais je me contentai de rire en reculant d'un pas, pour me rendre compte aussitôt que tout le monde me regardait comme si j'avais perdu la tête.

La vérité, c'est que la nuit précédente, je n'avais pas réussi à dormir. Je ne pensais qu'à Hedwige, George et Maugrey. Je savais que je ne devais pas trop interférer, mais je devais quand même tenter le coup. Après tout, Dumbledore lui-même m'avait dit que seules les morts qui étaient des sacrifices ne devaient pas être empêchées. Mais pour les innocents, c'était différent.

J'avais été envoyée ici pour sauver autant de personnes que possible. Si je ne le faisais pas, alors à quoi bon être revenue ?

La mort de Cedric était nécessaire, car elle prouvait le retour de Voldemort. Celle de Dumbledore était cruciale, car Voldemort devait faire confiance à Rogue. Et je savais que la mort de Rogue aurait aussi son importance. Mais peut-être que d'autres vies pouvaient être épargnées, dans la mesure de mes moyens.

Alors, juste avant d'arriver à Privet Drive pour récupérer Harry, j'avais averti Maugrey que Mondingus disparaîtrait à la vue de Voldemort.

« Toi, gronda Maugrey en me pointant du doigt avec colère, je croyais que Dumbledore t'avait prévenue de ne pas intervenir ! »

« On pourrait penser que tu apprécierais le fait que je t'aie sauvé la vie, mais... non. » répondis-je en souriant.

« Quelqu'un peut nous dire ce qui se passe ici ? » demanda Fred d'un ton pressant, tandis que tous les autres acquiesçaient en regardant Maugrey et moi avec interrogation.

« Mondigus a vu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, a paniqué et a pris la fuite au même instant en transplanant, » expliqua Maugrey avec une grimace. « Il a lancé un sortilège de mort qui a failli me toucher, mais je l'ai esquivé — ce que je n'étais pas censé faire ! »

« Je ne comprends pas, » dit Mrs Weasley d'une voix creuse en détournant les yeux de George. « Tu... tu n'étais pas censé t'en sortir ? »

« Non, mais cette fille irréfléchie m'a prévenu ! » grogna Maugrey en me désignant.

Fred croisa les bras.
« Et tu es en colère d'être en vie parce que... ? »

« Parce que Dumbledore a dit : pas d'interférences, point final ! » gronda Maugrey. « Il avait probablement regardé dans la tête de Lexi il y a des années et vu sa propre mort, mais pour une raison quelconque, il n'a même pas cherché à empêcher Rogue de le tuer ! Il ne pensait clairement pas qu'il était judicieux de modifier les lignes temporelles ! »

« C'était différent, » tentai-je de raisonner. « La mort de Dumbledore a eu des répercussions sur beaucoup de choses, mais la tienne était inutile. Je devais te prévenir au sujet de Mondingus ! Je sais que Dumbledore me l'avait interdit, mais il n'est plus là et je n'aurais pas pu vivre en sachant que je pouvais te sauver et que je ne l'avais pas fait ! Et puis, j'ai sauvé Sirius et rien n'a changé, à part la fin d'une souffrance inutile pour ceux qui l'aimaient ! Parce que c'était une mort inutile ! »

Moldue - Fred WeasleyOù les histoires vivent. Découvrez maintenant