82 : ophelia

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Ophelia observe son reflet dans l'eau

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Ophelia observe son reflet dans l'eau. Elle a enfin enfilé la robe qu'elle a cousu pendant toute la semaine, avec l'aide de Mélité. Le tissu bleu avec des broderies au fil d'or est magnifique. Il provient de la cargaison du navire qu'elle et Circé ont dévalisé après la mort des marins.

Elle tourne, observe la robe sous toutes ses coutures. Puis relève la tête vers Mélité, assise sur un rocher.

- Alors ? lui demande la nymphe.

- C'est... sublime. Tu as fait du bon travail.

- Toi aussi.

- Tu sais bien que sans toi je ne serais pas arrivée à ce résultat ! J'ai appris les bases de la couture, certes, mais ça ne suffit pas pour confectionner une robe.

Mélité sourit.

- Je me demande comment Circé et Mérope s'en sont sorties, reprend Ophelia.

Elles échangent un regard complice. Toutes deux savent bien que la magicienne et la nymphe ont un sacré caractère, et même si la relation entre Circé et ses hôtes s'est adoucie ces derniers temps, elles continuent régulièrement à se provoquer.

C'est Aphrodite qui a suggéré la formation des duos, pour la confection des robes. Selon elle, la fête n'en sera que plus intéressante, si les deux amantes découvrent la tenue de l'autre le jour même.

Ophelia ne sait toujours pas réagir aux visites de la déesse de l'amour sur l'île. Elle n'arrive pas à être entièrement à l'aise en la présence d'Aphrodite, sans parler de ses bavardages et de ses questions indiscrètes.

En revanche, elle lui est reconnaissante pour une chose : elle a réussi à chasser des pensées de Circé les doutes et les craintes qui s'y mélangeaient. Depuis une semaine, la magicienne semble plus sereine qu'avant, et ne fait plus de cauchemars.

- On y va, Ophelia ?

Mélité la sort de ses pensées. Elle acquiesce, et revêt sa robe habituelle, pour remettre la bleue dans le panier. La fête n'a pas encore commencé, il ne faut pas que Circé la voie.

En rentrant dans la maison, elle découvre une Aphrodite survoltée, donnant des ordres à une Chloris au bord de la crise de nerf. La nymphe doit regretter de ne pas s'être proposée pour aider Circé à coudre sa tenue. Elle pensait échapper aux corvées et rester dans sa chambre pendant la fête, mais la déesse n'en a sans doute pas décidé ainsi.

La demeure est méconnaissable. Les murs blancs, autrefois nus, sont couverts de bouquets de fleurs dans des pots pendus. De somptueuses tentures sont accrochées ici et là, donnant à chaque pièce une ambiance unique et chaleureuse.

La déesse a fait un travail monstrueux, il faut le reconnaître.

- Ophelia ! s'exclame-t-elle en l'apercevant. Alors, cette robe ? Pourquoi l'avez-vous retirée ?

- Je ne voulais pas risquer de croiser Circé avant le début des festivités...

- Mais c'est l'heure, jeune fille, c'est l'heure ! Hélios est à peine en train de décliner, il est largement temps de vous préparer !

Se sentant pressée par Aphrodite, Ophelia se dirige à pas rapides vers la cuisine.

- Pas par là, malheureuse ! La sorcière est certainement en train de se changer !

- Suis-moi, lance alors Mélité.

La nymphe la conduit jusqu'à sa chambre, et elles revêtent toutes les deux leurs tenues de fête. Puis elle retournent dans la pièce principale. Chloris a disparu. Sans doute a-t-elle profité de l'agitation pour fausser compagnie à la déesse et retourner dans sa chambre.

Circé n'est toujours pas là. Avec un air stressé, Aphrodite lance :

- Je crois que sa robe avait besoin de quelques retouches, mais ne vous inquiétez pas, elle ne va sûrement pas tar-

Elle s'interrompt, et Ophelia se retourne vers la cuisine.

Le rideau se soulève. Mérope est la première à avancer dans la pièce, un air satisfait sur le visage, une torche dans les mains.

Et enfin, Circé fait son entrée.

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