Avec une angélique patience, Anna s'occupait du mieux qu'elle pouvait de la table d'une bande de jeunes lycéens bruyants et impudents. Au fil des ans, la serveuse expérimentée avait appris à gérer ce genre de clientèle qu'on lui confiait toujours. Elle parvenait avec sa douceur et sa gentillesse à dompter l'inappropriée désinvolture de tous les clients de la pizzeria.
Heureuse d'en finir avec ce nouveau défi, Anna pensa qu'elle méritait une petite pause. Avant même de quitter la salle, elle aperçut ses collègues réunis derrière le comptoir de la caisse, et qui lui désignaient, en riant discrètement, une des tables de la pizzeria.
Comprenant qu'elle s'était fait voir une nouvelle fois par ses amis, la serveuse soupira. Rien qu'en les voyant groupés et hilares, elle devina qu'il s'agissait sûrement d'un épuisant et long service.
— Je me vengerai de vous. Leur souffla-t-elle avant d'aller faire son travail.
À sa grande stupéfaction, elle fit face à une étrange cliente qui, par son apparence distinguée, n'avait pas sa place dans une pizzeria modeste ni dans un quartier misérable. La jeune femme était une très belle brune aux beaux cheveux noirs bouclés, et au corps divinement moulé dans un manteau chic et court. Elle dégageait une si grande sensualité qu'elle captivait tous les regards, même ceux des passants qui défilaient derrières les deux énormes vitrines du restaurant.
Anna était certaine que les autres serveurs pensaient que la sublime brunette était folle ou dérangée. Autrement, ils seraient tous à ses pieds pour la servir.
— Bonsoir, madame. Je suis Anna. Avez-vous fait votre choix ou souhaiteriez-vous des suggestions ?
Erica dévisagea longuement Anna avant de bien la reluquer du haut en bas. Sans se soucier du malaise qu'elle provoquait chez la pauvre serveuse qui ne comprenait pas le sens de ses regards bien appuyés, la maîtresse de Julian se perdit dans ses pensées en se demandant ce que son amant pouvait trouver à cette jeune femme si banale.
— Madame ?! Vous vous sentez bien ? Lui demanda Anna avec un air sincèrement inquiet.
— Adam avait raison. Tu n'es qu'une poupée de chiffon. Lui répondit Erica avec arrogance.
— Excusez-moi ?!
Erica se leva en jetant un billet vers Anna, puis elle contourna la table pour s'approcher d'elle, avec répugnance.
— Tous les hommes sont pareils, Anna. Lui dit-elle en lui nettoyant son badge. Ils ont beau avoir des diamants sous la main, ils aiment jouer avec de la pacotille.
Sous les regards médusés d'Anna, Erica quitta la pizzeria. La serveuse ne cessa de penser à l'inexplicable comportement de la foudroyante Latina qu'en entendant les rires de ses collègues.
— Les fous te vont si bien, Anna !
— Les cinglés t'adorent finalement !
— Ça vous amuse ?! Je vous jure que vous allez me le payer cher ! Répliqua la jeune femme sans une sérieuse rancune.
Anna oublia son désappointement en remarquant la petite camionnette de monsieur Ernesto qui s'arrêtait devant la pizzeria. Amusée par la rapide volatilisation des autres serveurs, elle hocha la tête en souriant, puis sortit aider son patron à transporter la marchandise au garde-manger.
— Toute seule comme toujours à donner un coup de main ! Ces fainéants vont m'entendre ! Je leur réserve une bonne surprise ce soir.
— Je vois que ce n'est rien d'autre que des boîtes d'emballage. Laissez-moi m'en occuper.
Monsieur Ernesto ne se fit pas prier. Pressé de tester la recette d'une nouvelle pizza qui mijotait dans sa tête depuis la matinée, il se pressa de retrouver sa cuisine.
VOUS LISEZ
Pour te quitter dis-moi je t'aime
RomanceÀ trente neuf an, redoutablement manipulateur et belliqueux, diaboliquement fourbe et intelligent et sacrément charismatique et viril, Julian succède à son impitoyable grand-père à la tête de la dynastie des Hunter et du géant pétrolier le Hunter Gr...
