Julian était conscient que sa présence déstabilisait les gens. Son aura, son charisme et la puissance qu'il dégageait impressionnaient amis et ennemis. Déjà petit, il instaurait le malaise et l'inconfort là où il allait. On disait qu'il y avait quelque chose de maléfique dans ses regards, que la beauté sauvage de son visage était démoniaque, que son humaine enveloppe charnelle peinait à cacher le diable qu'il était.
Avec le temps, Julian s'était habitué à inspirer l'inquiétude chez les autres, à tel point, qu'il ne ressentait plus leur gène et leur angoisse. Il n'y faisait attention que lorsqu'il descendait de sa haute sphère pour rendre une visite secrète aux Lewis, un couple de simples fonctionnaires vivant à Ridgewood en Queens.
Pour cette fois encore, ses deux hôtes, particulièrement avenants et courtois, lui réservèrent un accueil plus que chaleureux. Toutefois, dès qu'ils s'assirent en face de lui dans leur modeste séjour, leur indisposition et leur nervosité les enferma, comme toujours, dans un silence gênant.
N'ayant aucune réelle envie de converser hypocritement avec le couple, et ne sentant aucun besoin de briser la glace, Julian, bien affalé sur son fauteuil avec les jambes croisés, buvait son café comme s'il était seul chez lui.
— Jul ! Jul !
Ces appels joyeux redonnèrent vie aux Lewis qui, soulagés de son arrivée salvatrice, se levèrent pour acceuillir leur fille. À son apparition dans le salon, l'adolescente de seize ans, balança son sac à dos contre le mur, et se jeta sur Julian.
— Je n'arrive pas à le croire ! Tu es bien là ! S'exclama la jeune fille en se blottissant contre lui.
— Où sont tes bonnes manières, petite Lewis ? Tu ne salues pas tes parents ?
— Tu m'as si manqué, Jul ! Cela fait deux mois qu'on s'était pas vus !
— Et durant ces deux mois, tu ne disais pas bonjour à tes parents en rentrant ?
— Toi alors ! Soupira l'adolescente en allant embrasser ses parents. Papa, maman, je peux monter dans ma chambre avec Julian ?
Après avoir obtenu l'autorisation qu'elle espérait, Mégane Lewis invita Julian à la suivre jusqu'à sa chambre. Une fois à l'intérieur, elle referma la porte pour s'isoler avec lui.
— Ta chambre est toujours la même. Rose et blanche, avec des poupées et des fleurs. Il y'a même des rubans sur tes rideaux. Lui fit remarquer Julian en baladant ses regards dans la pièce.
— Tu t'attendais à quoi ? Ce n'est pas à cause de mon look gothique que je mettrai du noir dans toute ma vie. J'ai plus besoin d'être entourée de couleurs que d'en porter. Répliqua Mégane en s'asseyant au milieu de son lit. Tu viens ?
Il était connu de tous que Julian ne souriait jamais. Du moins pas de gaîté de cœur. Quand il se trouvait cependant avec Mégane, un exquis sentiment de bien-être l'envahit, et ses lèvres se détendirent spontanément. Il devenait alors un simple mortel. Un homme capable de rire, de taquiner et de s'amuser sans en être forcé ou gêné.
Répondant à l'invitation de l'adolescente, il s'assit à ses côtés en souriant.
— Je n'ai pas cessé de t'appeler depuis ce matin, Julian. Pourquoi tu ne m'as pas répondu ? Je voulais juste te féliciter pour ta nomination à la direction du Hunter Group.
— C'est pour me faire pardonner que je suis venu te voir. Ma journée était surchargée de travail.
— C'est donc officiel ? Tu es bien le PDG du Hunter Group ? L'impitoyable GP Hunter t'a laissé les commandes ?
— Oui. J'ai pris les rênes ce matin-même.
— Mon poste de travail est déjà garanti alors ! S'exclama la jeune adolescente en levant ses deux bras au-dessus de la tête.
VOUS LISEZ
Pour te quitter dis-moi je t'aime
RomanceÀ trente neuf an, redoutablement manipulateur et belliqueux, diaboliquement fourbe et intelligent et sacrément charismatique et viril, Julian succède à son impitoyable grand-père à la tête de la dynastie des Hunter et du géant pétrolier le Hunter Gr...
