6.9 : Le combattant

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De part et d'autre du hangar au bardage de tôles verticales, les deux duos de pouilleux balayaient autant que possible leur environnement du regard tout en sinuant autour des aéronefs dégradés, à la recherche du petit fauteur de troubles

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De part et d'autre du hangar au bardage de tôles verticales, les deux duos de pouilleux balayaient autant que possible leur environnement du regard tout en sinuant autour des aéronefs dégradés, à la recherche du petit fauteur de troubles.

<< Purée, où est ce qu'il est ? >> s'interrogea le détenu aux longs cheveux verts.

Son binôme encagoulé se mit à ralentir afin de jeter un œil dans l'habitacle d'un ultraléger. En se retournant, il remarqua alors le chat qui se trouvait accroché dans le dos de la veste de son compère, occupé à l'observer avec un air qui pouvait sembler railleur.

<< Il est là ! Je vais l'avoir ! >>

Le pouilleux leva son bâton et, inévitablement, administra une maladroite frappe à son binôme. Ce dernier s'écroula à terre.

<< Aïe ! Qu'est-ce qui te prend ? >>

La petite bête, qui s'était dégagée in extremis, attrapa la cheville de l'attaquant et provoqua sa chute. Son compère aux cheveux verts se releva et réempoigna son morceau de bois.

<< Saleté de chat ! >>

En manquant à maintes reprises d'atteindre l'animal qui esquivait les frappes en effectuant des sautillements et des saltos dans tous les sens, l'homme, visiblement énervé, laminait le sol bétonné. Le félin noir fit le tour de l'excité, bondit par dessus son épaule et lui asséna un foudroyant coup de griffe en pleine face avant de retomber à terre. Le pouilleux relâcha son arme instantanément et recouvrit son visage de ses deux mains en hurlant. Le matou en profita pour sauter et le cogner énergiquement au niveau du plexus cœliaque. Le prisonnier s'écroula en arrière, si souffrant qu'il parut neutralisé. Le chat para aussitôt un coup de bâton de l'encagoulé qui s'était remis debout. Ce dernier, en pleine frénésie, fit pleuvoir les tentatives de frappes, forçant la petite bête à reculer. Il heurta, après quelques secondes d'acharnement, le capot d'un ultraléger. L'animal saisit alors le bout de bois et l'arracha des mains de son propriétaire. Soutenant l'arme de ses pattes antérieures, il effectua un nouveau saut et, avec l'objet, châtia durement la face de l'opposant. Il accomplit ensuite une pirouette, bâton tendu, et, assisté par la force centrifuge, le percuta impitoyablement, lâchant enfin l'ustensile avant de rebondir à la figure du personnage en déséquilibre. Il s'accrocha à lui l'espace d'un instant en plantant ses ongles crochus et acérés aux quatre coins de la tête encagoulée, le temps de lui asséner un fatidique coup de boule ; l'ennemi fut assommé avant même de sombrer à terre définitivement.

Le premier duo était à présent hors de combat. Le chat accourut en direction des deux autres pouilleux qui avaient tardivement constaté l'agitation à l'opposé de la pièce, soit du côté de l'autobus et des berlines.

<< Qu'est-ce que c'est que cet animal ? C'est incroyable ! >> continuait à se demander Sterben en visionnant la retransmission.

Le pouilleux à la moustache effilée put remarquer la petite bête se diriger vers lui et son compère à l'éponge collée au crâne.

<< Hé, regarde ! Il est là ... Il vient vers nous ! >>

Ils se préparèrent à recevoir la chose au pelage ébène en faisant tournoyer leur chaîne en l'air. Cependant, au détour d'une berline, elle disparut.

<< Où est-il ? >> questionna le moustachu.


<< Allez ... Comment t'appelles-tu ? insista l'inconnu au pied de biche tout en franchissant le seuil de l'entrée de la cuisine.

— N'approchez pas ! >> s'exclama Zoran en brandissant son rouleau à pâtisserie.

L'intrus s'arrêta sur sa lancée.

<< Hé ! Calme-toi ... Nous sommes dans la même misère, toi et moi !

— Pourquoi vous ferais-je confiance ?

— Tu es un protégé de Friedrich, non ? C'est un ami ... >>

Le garçon en t-shirt et en caleçon ne répondit pas. L'homme posa brièvement les yeux sur le pantalon de visibilité accroché sur la porte entrouverte du réfrigérateur.

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