GAGNANT WATTYS 2021 ⭐
Un mystérieux chat noir pourchassé par l'armée libère un jeune prisonnier ayant participé, quelques années plus tôt, à la dernière guerre des Balkans.
Au fur et à mesure d'une traque qui se poursuivra au travers de l'Europe et...
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L'hélicoptère de transport du Commandant Ingmar Larsson était juché sur un immeuble désaffecté de sept étages qui se dressait au milieu du boulevard qu'avaient traversé en berline, quelques heures plus tôt, le félin noir et l'évadé avant de s'échouer dans la Meuse. Le Commandant au blouson d'aviateur était périlleusement assis sur le parapet sur lequel étaient fixées des lettres capitales en caractères latins, à la manière de l'enseigne du mont Lee hollywoodien, censées former les mots Ville de Liège ; les deux lettres L de ville avaient cependant disparu, à l'instar de la dernière du troisième mot ; il avait pris la place de ce caractère, tourné vers l'artère, pour consommer une gaufre liégeoise toujours chaude, observant le fourmillement des citoyens en contrebas. Des soldats cagoulés se trouvaient également posés sur le gravier, auprès de l'imposante machine à voilure tournante, éparpillés en petits groupes dans un silence curieux.
L'instrument de mesure du temps de l'officier se mit à sonner. Il entra en connexion avec une dame de dix ou quinze années de plus que lui, les cheveux noirs impeccablement lissés et coiffés d'un micro-casque ; son beau visage typé méditerranéen était densément fardé.
<< Commandant Larsson ... Nous avons reçu des appels d'une station-service sur l'autoroute A-25, près de la zone hollandaise. Le chat y a été repéré en compagnie du forçat. Ils sont parvenus à s'échapper.
— Par où sont-ils partis ?
— Nous avons perdu leur trace mais il est possible qu'ils soient toujours dans les environs.
— Bon ... Merci pour l'information ... Veuillez communiquer les coordonnées de la station à mon pilote. Je vais me rendre immédiatement sur place avec mes hommes ! Pourriez-vous également informer les Commandants Rojas et Kaluža ?
— Bien sûr, je m'en occupe tout de suite.
— Merci. >>
Il coupa la communication, soupira, posa les yeux sur le bout de galette qui lui restait entre les doigts et le jeta comme un malpropre dans le vide avec la serviette en papier. Il se retourna, sauta du parapet et trottina jusqu'à l'hélicoptère.
<< On y va ! >> commanda-t-il aux fantassins.
La capsule dans laquelle avaient embarqué le matou et le forçat filait à toute berzingue dans le réseau de tubes pressurisés souterrain. Au bout de quelques longues minutes, elle ralentit enfin sa course ; ils purent sentir prendre de la hauteur durant un moment, jusqu'à ce que la navette finisse par s'immobiliser après le retentissement d'un tapage mécanique. Ses deux vantaux d'accès se séparèrent mais, néanmoins, la trappe liée à la nouvelle machine de livraison dans laquelle ils venaient d'accéder resta close, les laissant claustrés dans l'obscurité ; seul un trait fin de lumière était perceptible entre l'interstice du panneau coulissant et son cadre. Le garçon prit une intense bouffée d'oxygène.
<< Ça va ? fit le chat, étendu sur le torse de l'évadé du pénitencier liégeois.
— ... Je crois que je n'aurais pas pu tenir plus longtemps ... L'air fait cruellement défaut là-dedans !