12.1 : Les dragons

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<< Za Polskę ! >> cria le hussard lunetté

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<< Za Polskę ! >> cria le hussard lunetté.

La petite bête concentra pleinement son regard sur les contractions musculaire de l'index qui exerçait une pression sur la queue de détente et, au moment où le coup de feu devint inéluctable, bondit en hauteur et s'accrocha au mur adjacent. Les six Polonais présents dans la pièce furent indéniablement frappés d'une évidente stupeur mêlée de terreur.

<< Il a évité le tir ... >> murmura l'agresseur, croyant vraisemblablement rêver.

Un minuscule trou noir, derrière l'imprimante portative de la table de travail du Colonel, fumait encore sur le mur enduit de plâtre. Górski s'approcha de l'auteur du coup de feu.

<< Votre arme. >> lui demanda-t-il gravement en lui tendant la main, la face palmaire tournée vers le haut.

Le tireur se tâta avant de lui remettre son Vis, les tripes nouées. Le matou se laissa retomber sur le bureau.

<< Qu'est-ce que c'est que ça ? s'interrogea à voix haute un autre hussard, toujours bouche bée.

— Personne ne nous croira jamais ... ajouta le militaire bien en chair qui avait précédemment affiché la photographie d'un certain Olivier Demester.

— ... Réponds-moi, maintenant ... Qui es-tu et que fais-tu avec ce chat ? >> questionna Górski à Zoran, d'une voix puissante, dans un sursaut de colère maîtrisée.

Soudain, d'autres détonations retentirent, cette fois-ci au dehors.

<< Qu'est-ce que c'était ? >> s'alarma le garçon au pantalon de visibilité.

Górski se rua sur son moniteur de sécurité et, aux côtés du félin noir, découvrit les images retransmisses par l'ensemble des caméras éparpillées dans le commissariat ; des dizaines de créatures reptiliennes, se déplaçant à quatre pattes, venaient de faire irruption à l'intérieur.

<< Les dragons ! Ils nous prennent d'assaut ! >>

Il s'agissait d'effroyables robots d'acier morphologiquement semblables à la statue du légendaire dragon de la forteresse du Wawel, à Cracovie, élevée à seconde moitié du vingtième siècle ; leur taille était cependant nettement réduite par rapport à la version initiale. Ils étaient véloces et coriaces ; ils crachaient des flammes et des hurlements électroniques effrayants ; un fusil Zater se trouvait fixé à leur dos. De nombreux soldats postés aux différentes entrées du bâtiment étaient déjà tombés sous les décharges de foudre.

<< Quoi ? fit le hussard lunetté.

— Ho ... Non ! >> poussa Zoran, pris de frayeur.

Ils aperçurent, au travers des baies vitrées, d'autres de ces monstres mécatroniques qui, volant dans le ciel, se précipitaient à vive allure sur le bâtiment. Un militaire présent dans la pièce s'empara d'un Beryl. Un premier dragon s'abattit de plein fouet sur la fenêtre, la fissurant fortement sans pour autant parvenir à la briser. L'homme déchargea une salve au travers, mettant le robot hors d'état de nuire. Le hussard bien en chair se jeta sur l'interrupteur filaire des volets roulants afin de les rabattre, pendant que son collègue tirait encore sur une seconde bête robotique. Le contrevent d'acier descendu encaissa les coups.

<< C'est le chat qu'ils veulent ! avança le garçon au pantalon de visibilité.

— D'accord ... >> lâcha Górski.

L'officier s'empara de son microphone : << Nous sommes en état de siège ! Que tout le monde résiste du mieux qu'il le pourra en attendant les renforts ! >>

Il se tourna vers les soldats présents dans la pièce.

<< ... Protégez ces deux là coûte que coûte ! Empêchez les dragons d'accéder à ce bureau ! >>

L'un d'eux, debout devant un autre moniteur, se retourna.

<< J'ai lancé un signal de détresse mais les secours n'arriveront pas avant une grosse quinzaine de minutes, nous sommes trop isolés dans ce village ! >> alerta-t-il.

Un homme bien bâti en treillis d'automne, la tête dissimulée dans une cagoule thermique grenat, fit son entrée dans le commissariat. Deux réservoirs cylindriques qui ressemblaient à des bouteilles de plongée étaient fixés à son dos. Un tuyau flexible et enroulé en spirale autour de son bras dextre les reliait au pistolet qu'il tenait en main ; le canon représentait une gueule de dragon. Il paraissait insensible aux détonations qui résonnaient en tous sens.

Le combat acharné qui se déroulait sous les pieds des âmes regroupées au dernier étage terrifia Zoran au point qu'il alla s'éclipser furtivement sous une table de travail près d'un coin de mur. Les six Polonais, pendant ce temps, se préparaient à recevoir leurs visiteurs en s'armant de Beryls et de quelques fusils à foudre qui, à l'instar de ceux du bataillon est-allemand, différaient des Zaters au niveau de l'apparence. Górski rendit le pistolet qu'il avait confisqué au militaire lunetté.

<< ... Vous ne me mettez pas aux arrêts ? >>

L'officier, à défaut de lui répondre, lui adressa un regard dur mais significatif.

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