15.9 : La perquisition

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Trois hommes au visage raide et à l'allure déterminée, vêtus chacun d'une cravate et d'un blouson en cuir, firent irruption sans crier gare dans la chambre où dormaient habituellement Knut Moen, Mégaclès Arkoudas et les deux condisciples de celui-ci

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Trois hommes au visage raide et à l'allure déterminée, vêtus chacun d'une cravate et d'un blouson en cuir, firent irruption sans crier gare dans la chambre où dormaient habituellement Knut Moen, Mégaclès Arkoudas et les deux condisciples de celui-ci. Les deux garçons en question y étaient présents, assis face à face sur des chaises posées devant les dossiers de lits superposés. L'étudiant roux et bien en chair était en train de se couper les ongles des doigts de pieds, le second était occupé à lire un document sur un transparent A4 ; ils sursautèrent.

<< Police militaire ! Nous devons fouiller cette chambre ! >> signala le quinquagénaire chauve et imberbe qui semblait diriger le groupe, soit le dénommé Panchev avec lequel Hélios Arkoudas s'était entretenu la veille en duplex.

Les deux jeunes hommes interrompirent spontanément leur activité et se levèrent.

<< Que se passe-t-il ? >> interrogea celui aux pieds nus.

Les trois militaires retournèrent toute la pièce ; les sacs, les garde-robes, les lits et les tiroirs, y compris les affaires de Mégaclès ; ils dispersèrent à terre tous les objets qui leur passaient sous la main sans le moindre scrupule pour les occupants des lieux. Le Docteur Moen et le Général - qui avait les bras croisés - patientaient à proximité de la porte d'entrée, dans le couloir, laissant le trio en blouson faire son travail.

Il tourna la tête et vit son fils qui, vêtu d'une chemise en lin bleu foncé, cheminait dans leur direction.

De nouvelles gouttelettes de pluie s'échouèrent et ruisselèrent sur le visage du Colonel Górski, provoquant son réveil. Il était seul, étendu sur le talus, aux pieds de la lisière devant laquelle Aéroski l'avait mis hors de combat. Il se tâta quelques parties du corps qui, vraisemblablement, lui faisaient ressentir une forte douleur. Il resta un moment étendu sur le sol vert et humide, les yeux rivés sur le ciel qui s'était de nouveau rembruni, avant de se relever péniblement. Il était toujours abondamment couvert de boue. Il marcha sur la surface herbeuse en boitant et, dans l'effort, remarqua que le lot de douaniers qui avaient précédemment été assommés était également debout et déjà en fonction. Il adressa un signe de la main aux hommes postés près de la ligne blanche. Ils l'observèrent sans bouger avec des yeux désorbités, probablement peu remis de leurs émotions. Il s'approcha de son cabriolet à moitié plongé dans le fossé de l'accotement et soupira. Il examina brièvement son environnement.

<< Le chat ... Zoran ... >> prononça-t-il à mi-voix, clairement inquiet pour le sort de deux aventuriers qu'il avait escorté.

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