10.4 : Das Deutschlandlied

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<< Bon

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<< Bon ... Je raconterai que c'était de la légitime défense. >> ajouta l'officier.

Le trentenaire au blouson d'aviateur rigola de plus belle et braqua brusquement l'animal. Ce dernier bondit aussitôt en arrière et, juste à l'instant où le coup de feu partit, disparut dans les ténèbres de la cage d'ascenseur. Les quatre hommes présents sur place purent entendre finalement résonner un choc en provenance du contrebas, au niveau de la cabine. Larsson rengaina son arme.

<< Je crois que je l'ai eu. Je crois ... Passez-moi votre fusil. >> ordonna-t-il à l'un des deux militaires présents à ses côtés.

Le soldat interpellé s'exécuta. L'officier responsable de la mission frappa brutalement, à l'aide de la crosse de l'arme, le dos du garçon au pantalon de visibilité qui se retrouva alors étalé à plat ventre sur le dallage avant d'être tenu en joue par le second fantassin. Le Commandant se rapprocha calmement de la longue et sombre enceinte verticale et déploya le petit écran de vision nocturne avant de jeter un œil à l'intérieur. Il baissa le canon et effectua un zoom afin d'examiner le contrebas, la mine assurée.

Soudain, suspendu par les pattes au seuil de la cage, le chat se redressa et, au moment de revenir sur le toit-terrasse, toucha l'extrémité de l'un des vantaux de la double porte coulissante. Larsson eut à peine le temps de percevoir et réaliser le retour du félin noir qu'elle se referma violemment derrière sa tête. Incapable de hurler, le cou pratiquement comprimé, il se retrouva bloqué et piégé. Il parvint à introduire un genou dans l'entrebâillement afin de récupérer de l'oxygène, toujours suffoquant. Il essayait naturellement d'écarter les deux vantaux de toutes ses forces et finit par lâcher son fusil afin de pouvoir user pleinement de ses deux membres supérieurs.

Le matou se jeta sur le dernier soldat encore armé et rentra dans une lutte au corps à corps. Le second encore en place s'en alla récupérer son Zater pendant que Zoran, sans demander son reste, se dégagea précipitamment du champ de bataille.

L'officier, la tête affreusement coincée, gigotait de manière désespérée, allant jusqu'à presser maladroitement le bouton d'appel de la machine. Un mécanisme se déclencha et un bruit de moteur retentit.

<< Non ... Non ... >> prononça-t-il.

La cabine commençait à s'élever. Le chat, au vu du brusque changement d'orientation de ses oreilles, devait assurément l'entendre mais poursuivait son combat avec le fantassin. Il happa le canon de ce dernier et s'en servit comme levier afin de provoquer sa chute. Il s'empara du fusil, pourtant deux fois plus long que lui, afin de foudroyer le second militaire qui venait tout juste de projeter quelques décharges dans sa direction - à plusieurs mètres de distance - et fit mouche du premier coup. Son opposant au sol lui arracha l'arme des pattes et le repoussa d'une frappe de la main.

<< Non ! Non ! Non ! >> émit péniblement Larsson.

Zoran, qui venait lui aussi de ramasser un Zater, neutralisa le soldat qu'était occupé à affronter l'animal. Le bruit émanant de la cage d'ascenseur gagna en intensité. Le félin noir, haletant, se retourna et regarda durant trois longues secondes, gueule bée et immobile, le Commandant se débattre contre l'inévitable ; il dévia alors sa tête du spectacle et rabattit ses paupières. Le garçon au pantalon de visibilité orange, qui semblait réaliser lui aussi ce qui se déroulait, détourna à son tour les yeux.

Les effroyables cris à moitié étouffés de l'officier furent interrompus par un insupportable craquement. La double porte se rouvrit enfin, donnant accès à la lumineuse cabine.

<< L'office du tourisme de Berlin vous souhaite une bonne visite du Reichstag. N'hésitez pas à profiter des délicieuses pâtisseries de notre restaurant ! Bon appétit ! >> émit une voix féminine électronique à l'accent allemand en provenance de l'appareil.

Le vieil hymne national Das Deutschlandlied succéda à l'information, joyeusement chanté par une chorale mixte sur un fond d'accompagnement musical classique tout aussi gai.

Le corps de Larsson gisait entre le dallage de la terrasse et le revêtement caoutchouteux du sol de la cabine. Le chat et Zoran s'échangèrent un regard chargé de malaise.

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