Au 6e étage du pavillon 6 du Cégep de Sherbrooke, isolée au bout du corridor, une âme en peine tente d'assourdir son chagrin en s'explosant les tympans. Pour y parvenir, elle a mis la chanson Broken Home [https://www.youtube.com/watch?v=vMUgPtEEGRs] en répétition sur son iPod qui, lui, a été connecté à sa chaîne stéréo. Quoi de mieux pour oublier sa souffrance que d'écouter une chanson triste dont le texte correspond à la situation qui fait mal? Les paroles font couler ses larmes, sa douleur s'évacue de son corps et de ses yeux et ruisselle sur ses joues. Finalement, doucement, Tarani s'apaise, vidée de tout, mais surtout de ce à quoi elle ne voulait plus penser. La chanson ne s'arrête pas pour autant, le volume reste fort.
Apaisée, elle se relève, dénouant ses jambes croisées sur le plancher. En se regardant dans le miroir, plutôt en surprenant son reflet dans la glace, elle sursaute presque, et pour cause! Son mascara a coulé sur son visage tout comme son crayon noir, ses yeux sont rouges et ses iris ont l'air plus noir que brun pâle.
À l'autre extrémité du corridor, assis sur son lit, un jeune homme tente de réfléchir. Son stylo en main, il noircit les pages de son cahier de pensées et compositions – qu'il déteste appeler journal intime, puisque ce n'est pas ce que c'est. Ses idées se bousculent et se confondent, la musique bruyante interrompant sa concentration.
« C'est quoi tout ce boucan? Bordel, pas moyen d'avoir un peu de calme ici, même pendant les vacances où y'a normalement personne! »
Rageusement, l'étudiant referme son cahier et le pose à sa gauche avant de tourner ses longues jambes vers le rebord du lit. Il glisse ses pieds nus dans ses pantoufles avant de se lever, d'ouvrir la porte de sa chambre et de suivre le couloir en direction du son, laissant sa porte ouverte. Comme il l'a déjà dit, normalement, les résidences sont vides durant la période des Fêtes, ou du moins son étage l'est.
Le garçon s'arrête devant la chambre 107, là d'où la musique provient. Il cogne, impatient et énervé, lui qui aime le calme et qui déteste être dérangé.
De l'autre côté de la porte, Tarani efface les traces de l'épisode de « faiblesse » — c'est ainsi qu'elle appelle les moments où elle témoigne de sa peine – qu'elle vient de traverser. À l'aide de ses mains remplies d'eau, elle mouille son visage et frotte ses joues afin d'y faire disparaître les traces de maquillage qui s'y trouve et qui ne devrait théoriquement pas. Le visage rougi, mais dépourvu de noir, elle l'essuie à l'aide d'une serviette à mains. Elle s'apprêtait à aller sur son ordinateur lorsqu'un coup retentit sur la porte. Automatiquement, elle va l'ouvrir.
« J'arrive pas à me concentrer avec... est-ce que ça va?, questionne le jeune homme, s'interrompant devant ce visage rougi et ces yeux bouffis. »
Tarani hoche la tête et s'excuse pour le vacarme, ce à quoi l'étudiant répond que ce n'est pas grave en fait. Il est toujours fâché de ne pas avoir pu étaler ses idées sur papier, mais il ne lui en veut pas, pas à elle. Il en veut plutôt à la personne qui l'a mise dans cet état.
« C'est impoli de ma part d'arriver ici sans me présenter, je m'appelle Harry. Et toi?
— Tarani.
— C'est original. »
Les deux jeunes adultes se sourient, jusqu'à ce que les yeux de Tarani s'humidifient à nouveau.
« Ça va pas, qu'est-ce que t'as?
— Tout va bien, c'est juste..., elle commence cette phrase, mais ne la termine pas.
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Mille et une vies. [Imagines]
Fiksi RemajaReccueil de plusieurs segments de vies de différents personnages dans des situations particulières. Parfois tristes, parfois romantiques, parfois violentes, ces histoires sauront peut-être vous émouvoir. Elles peuvent vous faire rire, elles peuvent...
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