Prise d'otage - Calum & Flavie.

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Étant procrastineuse de nature, la jeune fille a longtemps reporté les commissions qu’elle avait à faire, les remettants sans arrêt au lendemain. Soyons honnêtes, c’est ce qu’elle a fait plus d’une fois. C’est ce qu’elle a fait durant plusieurs jours – un peu plus d’une semaine en fait. Évidemment, le jour où elle s’est décidée à y aller, il a fallu que ce soit son dernier. Ce jour a été son dernier. Celui où elle a été tuée.

Flavie, n’ayant plus le choix, s’est finalement décidée à y aller. Le frigo était vide, et son portefeuille suivait tranquillement le même chemin. Elle n’a eu d’autres options que d’aller, finalement, faire ses commissions. Elle est allée payer des comptes – ce qu’elle déteste le plus faire –,  a fait l’épicerie – ce qu’elle adore –, est allée récupérer ses vêtements chez le nettoyeur – le nudisme n’étant rien qui l’intéresse–… La jeune femme s’est enfin montrée productive après plusieurs jours de procrastination.

Elle achevait sa liste de tâches et arrivait bientôt à la fin. Elle allait bientôt pouvoir rentrer chez elle et terminer sa journée sur le canapé, profiter des derniers jours de vacances qu’il lui restait et, surtout, ne rien faire. Il ne lui restait plus qu’à passer à la banque! Elle y est entrée, a salué le personnel et s’est dirigée vers le guichet afin de retirer quelques billets pour la semaine.

Sa journée avait tout d’une journée typique et ordinaire, du moins jusque là. Jusqu’à ce qu’il entre dans la banque. Jusqu’à ce qu’il franchisse la porte d’entrée avec cette idée qu’il avait en tête et qui allait causer des pertes.

Le jeune homme n’avait rien de spécial, du moins en apparence – son fusil étant caché sous sa veste en cuir. Il ressemblait à n’importe quel jeune adulte qui venait retirer de l’argent liquide pour pouvoir la dépenser par la suite, excepté le fait que l’argent qu’il comptait dépenser…n’était pas la sienne. Il comptait voler celle des clients présents. Il comptait faire un braquage avec des otages. Un homme violent? Oh non, il ne voulait faire de mal à personne! Non, Calum n’était pas un homme violent. Calum était seulement un homme intelligent qui a regardé beaucoup de séries et qui a compris que c’est le seul moyen de rester en vie. Un homme intelligent qui a compris que les flics ne tenteront rien sur lui si la vie d’une autre personne est menacée. Un homme intelligent qui a déjà tout planifié.

         Sans que personne ne voit rien venir, il se dirigea vers l’endroit où il aurait une vue d’ensemble de la banque. Rendu là, ne pouvant plus être pris par surprise, il sortit son arme et tira en l’air pour attirer l’attention de tous. Aussitôt, il agrippa le premier otage potentiel qui passa près de lui – Flavie, évidemment.

« Tout le monde par terre, mains derrière la tête et face contre terre!, cria-t-il d’une voix forte. Si jamais l’un de vous tente quoi que ce soit, je lui fais exploser la cervelle!, menaça-t-il, l’arme pointée sur la tempe de la jeune fille. »

         Le cœur de la jeune fille se mit à accélérer et à tambouriner dans sa poitrine. Il devait battre à 120 à l’heure, et elle se demandait comment et par quelle miracle elle pouvait être encore en vie sans s’être tapé de crise cardiaque. La peur paralysait ses membres, mais pas son cerveau. Son corps était figé, mais pas sa tête. Son hamster tournait comme un hystérique dans sa roulette, comme s’il avait bu une canette de Redbull au complet. Flavie cherchait un moyen de se déprendre de cet inconnu armé, mais la crainte l’empêchait de se concentrer. Les pires scénarios étaient en train de se faire imaginer. Elle pouvait déjà entendre le son de la gâchette retentir dans son oreille. Elle pouvait sentir la balle lui transpercer le crâne et répandre son cerveau sur le carrelage propre avant que son corps sans vie ne s’écroule.

         Non! Tout ira bien. Les gens obéiront à cet homme, parce qu’il est armé. Les gens se soumettront à tout ce qu’il dira, puisqu’ils sont probablement aussi effrayés qu’elle ne l’est. Ils ne voudront surtout pas mettre la vie d’innocents en danger…pas vrai?

« Lancer vos portefeuilles vers moi!, ordonna-t-il d’une voix qui ne laissait place à aucune objection. Tout ce que vous avez sorti aujourd’hui, vous le faîtes glisser sur le sol jusqu’à moi! »

         Heureusement pour Flavie, les gens se sont exécutés docilement. Par petits groupes, ils ont lancé leur argent vers le braqueur sans histoire, se doutant que ce n’était probablement pas le moment. Ils ont tous obéi sans rien dire… ou presque.

Un homme, qui se trouvait dans l’angle mort de Calum, a tenté de le désarmer. Il est sorti de nulle part et lui a tenté de s’emparer du fusil, ce qui a eu pour avantage de le faire relâcher son otage. Ceci dit, malgré tout l’avantage que Flavie a pu en tirer, ce n’était pas une si bonne idée. Calum a tiré. Alors que l’homme gagnait du terrain, il a tué pour déstabiliser son adversaire et pour reprendre le contrôle, ce qui a eu plus d’effet que prévu. Calum venait de faire feu dans l’estomac du supposé héros, qui s’écroula par terre, les mains posées sur la blessure. Le sang coulait à grande vitesse, trop pour que quiconque puisse faire quoi que ce soit. Il allait se vider sur le plancher et mourir.

« Bon bah, tant qu’à aller en prison…, soupira-t-il comme s’il ne s’agissait que d’une simple colle.

– T’es pas obligé de faire ça, chuchota-t-elle. J’te connais pas, mais t’as l’air d’être un bon gars. T’as pas à te rendre plus loin que ça. T’as pas besoin de tuer des gens, ça va qu’empirer la situation, essaya-t-elle pour sauver la situation. Aller en prison pour braquage est une chose, y aller pour un meurtre en est une autre, mais y aller pour plusieurs meurtres…

– Tant qu’à aller en prison, j’préfère y aller pour une bonne raison, marmonna-t-il. J’ai déjà tout perdu, j’ai plus rien à perdre. »

         Et, fidèle à lui-même, il a respecté sa promesse. Calum s’est mis à tirer partout et dans tous les sens. Il a fait feu sur tout ce qui s’est mis à bouger. Vous savez ces jeux dans les foires où il faut taper la marmotte dès qu’on la voie? Calum faisait pareil, sauf qu’il le faisait sur de vraies personnes et avec un pistolet. Flavie s’est mise à hurler, complètement effrayée. Elle s’est recroquevillée en petite boule dans un coin et s’est mise à crier. Tout le monde beuglait et gueulait partout dans la banque, ce qui énerva davantage le jeune voleur. L’intensité de sa violence ne fit que redoubler, et Flavie fut touchée. Elle reçu une balle en pleine poitrine, et l’odeur du sang lui monta aux narines. Elle saignait encore plus que l’homme qui avait voulu aider.

         Lentement, sa vue se brouilla. Elle tenta de cligner des yeux, sans succès. Ses paupières se faisaient lourdes et elle ne pouvait rien faire contre ça. Elle ne lutait pas contre le sommeil cette fois, mais contre la mort. Mais peut-on réellement se battre contre elle?

Ses membres s’engourdirent. Elle n’arriva plus à bouger ne serait-ce que le petit doigt. Remuer le petit orteil lui était désormais impossible. Son corps ne l’écoutait plus, il n’écoutait que la mort. Flavie ne pouvait plus rien faire.

         Une journée en apparence banale s’est terminée de manière bien tragique. La vie est parfois remplie d’imprévues qui détournent les gens de leur chemin, et parfois, ils se perdent complètement. Flavie s’est fait pousser hors de la route. Calum, lui, s’est perdu dans les ténèbres.

Mille et une vies. [Imagines]Des histoires addictives. Découvrez maintenant