D’aussi longtemps qu’ils puissent se souvenir, Harry et Louis se sont toujours connus. D’aussi longtemps qu’ils puissent se rappeler, Harry et Louis ont toujours été ensemble. Lorsque Louis, alors âgé de 7 ans, a emménagé en face de chez Harry, sa vie n’avait rien de jolie. Petit Louis était un enfant timide et renfermé qui ne se joignait pas aux autres. Petit Harry, 5 ans, était tout le contraire. Il était extraverti et adorait parler aux autres. Il a pris le petit nouveau sous son aile avec le sourire aux lèvres. Ils jouaient ensemble tous les jours. Harry et Louis étaient les meilleurs amis du monde. Enfin, je dis ça, mais… aux yeux de certains, leur relation avait évolué à un stade au-dessus de celui de l’amitié. Avons-nous des preuves? Non. De toute façon, aujourd’hui, ces preuves ne serviraient plus à rien.
Lorsque Louis est entré à l’université, Harry est resté au lycée. Ça n’a rien changé, remarquez, ils ne se voyaient déjà presque plusdepuis bien longtemps. Au fil des années, ils se sont éloignés.Madame Tomlinson les a fait s’éloigner. Depuis maintenant 6 ans, leurs conversations se sont résumées à des « bonjours » le matin en quittant et à des « bonnesnuits » le soir en revenant. Louis avait toujours l’air très occupé, mais il ne faisait qu’avoir l’air. Ils s’envoyaient quelques messages textes ici et là… Enfin, pour les rares fois où la mère de l’aîné ne lui confisquait pas son portable…
Alors que la mère d’Harry était gentille et douce, celle de Louis était tout le contraire. Elle n’aimait pas le meilleur ami de son fils et détestait les voir passer tout leur temps ensemble. Pour cette raison, elle a dit à Louis d’oublier Harry. Elle refusait d’entendre ces rumeurs sur la peut-être homosexualité de son fils sans rien dire. Elle les a donc séparés.
Un jour, le jeune homme aux cheveux boulés se décida à aller voir son voisin. Il enfila sans même avoir enfilé sa veste, traversant simplement la rue avant d’être rendu. Il toqua à la porte et attendit. Il fut chanceux! Cette fois-ci, il ne fut pas confronté à l’ignorance habituelle. Des pas résonnèrent à l’intérieur. Madame Tomlinson vint lui ouvrir, cet espèce de rictus sur les lèvres en guise de sourire.
« Tiens, Styles.
— Bonjour à vous également, Johannah. Vous allez bien?
— Qu’est-ce que tu fiches ici?, questionna-t-elle en guise de réponse.
— Je viens voir Louis, il est là?
— Non, il est parti.
— Où ça?
— À la fac.
— Louis… à la fac… un vendredi soir…
— Mon fils est plus studieux que tu ne le penses.
— Ah oui, et depuis quand je vous prie?
— Depuis qu’il ne t’a plus comme ami. »
Et, sur cette phrase assez vexante, elle referma la porte. En descendant les escaliers du perron, Harry remarqua la voiture de Louis garée dans l’entrée. « Absent mon cul, ouais », marmonna-t-il dans sa barbe. Il entra chez lui et attendit. Assis sur le rebord de la fenêtre du salon, les yeux fixés sur la maison d’en face, il attendit. Patient, il restait là à attendre. Il attendait que Madame Tomlinson parte pour finalement y retourner. « Dès qu’elle sera en route pour son quart de travail, je vais aller le confronter. Je vais aller l’engueuler pour lui montrer ce que ça fait de m’ignorer. Je vais aller voir Louis et je vais lui parler aussitôt que sa mère se sera barrée. Ses pauvres patients… », pensa-t-il, désolé pour les malades attitrés à cette infirmière.
Finalement, après une heure, la porte s’ouvrir et Johannah Tomlinson en sorti. Elle grimpa à bord de son véhicule et s’éloigna. Au moment exact où l’auto eût tourné au coin de la rue, Harry se précipita dehors. L’attente avait grugé sa patience et il était maintenant en colère.
« Louis, y faut qu’on parle
— …
—Louis, ouvre-moi!!
— …
— Louis, je sais que t’es là! »
Mais aucun bruit de pas ne se fit entendre à l’intérieur. Cette fois, il fut confronté à une porte close que personne ne vint ouvrir. Harry n’allait cependant pas en rester là. Il contourna la maison et emprunta le petit sentier menant à la chambre de Louis. Il cogna à nouveau à la porte, toujours et de nouveau confronté àune porte close que personne ne vint ouvrir. « Louis, t’es vraiment devenu sourd », songea-t-il en tournant la poignée non verrouillée.
En vérité, Louis n’était pas sourd, bien que sa musique soit toujours trop forte. En fait, enfermé dans sa salle de bain, Louis n’entendait rien, mais seulement parce qu’il le voulait. Il avait choisi de s’isoler entre les quatre murs. Il s’était assis sur le carrelage froid, une lame entre les doigts. Doucement, il l’inséra contre son bras. Le métal transperça sa peau, laissant de minces filets de sang couler. Il se faisait du mal au poignet pour oublier le mal dans sa tête. Une membrane tranchait son avant-bras, mais refermait la plaie qu’il avait au cœur. Était-il suicidaire? Peut-être un peu. Louis voulait seulement oublier ses erreurs passées. Louis voulait seulement combler ce vide qu’il ressentait depuis maintenant trop longtemps. Louis voulait seulement combler ce vide qu’il ressentait depuis qu’il avait été séparé de son meilleur ami. Louis avait seulement eu besoin de trouver un second échappatoire lorsqu’il avait perdu le sien, lorsqu’il avait perdu Harry. La mutilation le soulageait presque autant que la présence de son voisin. Son voisin qui, voyant la porte fermée, l’ouvrit.
« Louis… »
Ce fut tout ce qu’il put dire. Son cerveau était comme paralysé par l’image qu’il avait devant les yeux. Tout était embrouillé et confus pour lui. Il ne lui en voulait plus. Il n’était plus en colère parce qu’il avait été ignoré et délaissé. Il n’était plus énervé. Il restait simplement là à regarder Louis se taillader. Puis, après un moment, la compréhension de la situation se fit. Il comprit ce que Louis faisait et, surtout, pourquoi il le faisait.
Il s’approcha doucement de la petite bête effrayée, recroqueville. Il s’agenouilla devant lui et tendit la main.
« Donne-moi ça, Louis, d’accord? S’il te plait, murmura-t-il, mais rien ne se produisit. Donne-moi cette lame, insista-t-il, c’est dangereux pour toi.
— …
— Louis, arrête, fais pas ça, pas devant moi…
— T’étais pas là quand j’ai commencé. Si t’aimes pas c’que tu vois, tu peux t’en aller. »
Mais le jeune homme aux cheveux bouclés comptait rester, et il allait rester. Il ne l’abandonnerait pas, pas cette fois. Il alla s’asseoir près de Louis et s’adossa au lavabo, tout comme son ami.
« Qu’est-ce que tu fais?
— Je m’assois avec toi.
— Pourquoi tu resterais avec moi? Pourquoi tu partirais pas?
— Pourquoi je le ferais?
— Parce que c’est ce que j’ai fait, donc j’imagine que je le mériterais…
— Sauf que j’partirai pas, Louis. J’vais rester avec toi. »
Il se leva malgré tout. Louis crut qu’il avait menti, mais il avait tort. Harry se dirigea vers l'armoire et en sortit un gant de toilette qu’il aspergea d’eau froide. Ceci fait, il retourna s’asseoir sur le carrelage froid. Tranquillement et en douceur, il approcha ses doigts du poignet mutilé. Il prit la lame et la remplaça par la serviette miniature, l’éloignant de la peau de Louis avant de la jeter au loin. De toute sa force, il la projeta à travers la pièce.
« J’te préviens hein, si t’essaies d’aller la chercher, je jure que je t’étouffe avec ton gant de toilette. »
Louis hocha la tête. Il n’en avait plus besoin maintenant qu’Harry était là pour lui. Il se rapprocha de lui, se collant contre son torse. Les grands bras musclés du bouclé se refermèrent autour de lui. Louis était maintenant protégé de tout, ou, du moins, c’est ce qu’il ressentait.
« C’est à cause de Jessie que tu fais tout ça?
— Comment tu…
— Un jour, en jouant à la cachette, j’ai trouvé la petite boîte que tu gardais en mémoire pour elle. J’ai regardé les photos et lu les coupures de journaux.
— J’ai été con hein?
— Quoi? Arrête, Louis, tu sais bien que c’est pas ta faute…
— Si, Harry, ça l’est. C’est moi qui devais la surveiller. Si je l’avais mieux gardée, elle ne se serait pas noyée.
— T’avais 6 ans!
— Et alors? Elle était sous ma responsabilité!
— Un gamin de 6 ans devrait pas avoir à surveiller une enfant de 3 ans, Tommo. Ta mère aurait pas dû te confier ça.
— Pourquoi tu me dis tout ça?
— Parce que c’est la vérité et qu’il serait temps que tu l’acceptes.
— J’pourrais pas y arriver, Hazz…
— Si, parce que je serai là pour t’aider. Je vais t’aider à te reconstruire malgré la douleur qui t’habite. Je vais être l’oreille pour t’écouter, l’épaule sur laquelle pleurer, les bras pour t’enlacer. Je serai tout ça pour toi, Louis.
— Pourquoi? J’le mérite pas…
— Pourquoi? Parce que t’es mon ange aux ailes brisées et que je veux t’aider à t’envoler.
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Mille et une vies. [Imagines]
Fiksi RemajaReccueil de plusieurs segments de vies de différents personnages dans des situations particulières. Parfois tristes, parfois romantiques, parfois violentes, ces histoires sauront peut-être vous émouvoir. Elles peuvent vous faire rire, elles peuvent...
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