Installée à même le sol du porche et une Marlbo coincée entre ses lèvres, Tonie resserra un peu plus le fil de son arc qu'elle avait installé sur ses jambes pliées en tailleur, concentrée dans ses mouvements alors que le soleil de milieu de matinée venait agréablement caresser son visage. Derrière elle, assit sur la balustrade, Daryl était lui aussi affairé à l'entretien de son arbalète, son regard amusé observant distraitement du coin de l'oeil le chaton qui jouait devant eux avec un brin d'herbe. Le Redneck sentit ses lèvres se retrousser quand la boule de poils fit un roulé boulé imprévu, avant que l'intérêt des deux amants ne soit happé par la porte d'entrée de la maison, qui s'ouvrit sur Carol, habillée d'une chemise propre et d'un cardigan bleu clair. La parfaite représentation de la femme au foyer innocente.
— Nom de Dieu, c'est quoi ces fringues ? Ne put s'empêcher de grogner Tonie, en regardant son amie qui souriait avec toute la fausse candeur dont elle était capable, excellente dans son nouveau rôle.
— Il est temps de pointer et de se mettre aux fourneaux, déclara simplement Carol avec entrain, en observant les deux amants de son regard pétillant.
— Quoi ? Marmonna Daryl en fronçant un sourcil confus.
— Je dois préparer le repas pour les plus anciens, expliqua la veuve en les regardant tour à tour. Pour les mamans qui ont besoin de faire une pause, ceux qui ne savent pas cuisiner.. Ça permet de rencontrer pas mal de voisins.
Tonie arqua un sourcil dubitatif, et elle releva la tête vers Daryl au-dessus d'elle, échangeant un regard avec l'archer avant que ce dernier ne lâche un ricanement sarcastique, ses mains toujours affairées autour de la corde de son arbalète.
— C'est ça, il lâcha avec une certaine moquerie accrochée à son sourire, alors que le chaton faisait un nouveau roulé boulé aux pieds de la veuve.
— Vous n'avez pas encore pris de douche, tous les deux ? S'exaspéra doucement Carol en observant les visages hâlés par la crasse et les vêtements miteux.
— Mmh hm.. marmonnèrent Tonie et Daryl en continuant leur entretien sur leur arme respective.
Carol plissa les yeux dans un mélange d'agacement et d'amusement alors que la militaire récupérait son mégot à moitié fumé pour le tendre à Daryl, et elle se retint de rouler des yeux au ciel devant les visages et les cheveux sales, avant de reprendre la parole tout en se remettant en mouvement pour partir.
— Allez prendre une douche, je vais laver vos vestes. Il faut qu'on continue à faire bonne impression, même vous deux, elle annonça simplement, avant de descendre les quelques marches du perron.
— Je vais certainement pas commencer maintenant, rétorqua Daryl en plissant un oeil sous le soleil matinal, alors que Tonie approuvait d'un signe de tête.
— Alors je vous arroserai au Karcher dans votre sommeil, enchérit leur amie, avant de s'éloigner dans la ruelle.
— T'as l'air ridicule, lança Tonie avec un sourire amusé, en suivant la silhouette de Carol qui marchait d'un pas énergique le long du trottoir.
Elle la regarda encore quelques secondes avec malice, et elle releva la tête vers Daryl qui levait les yeux au ciel d'un air faussement agacé, avant de ramener son attention sur ses bras nus et ses mains, dont la peau couverte d'une fine pellicule marron témoignait ostensiblement du manque cruel d'hygiène dont ils avaient souffert ces dernières semaines. Boaf, elle pensa en haussant légèrement les épaules d'un air indifférent, ça pouvait attendre encore un peu. Inconsciemment, Tonie savait qu'elle était réticente à utiliser la salle de bain, simplement parce que ça voudrait signifier qu'elle s'établissait pour de bon à Alexandria. Et elle n'était pas encore tout à faire sûre de ça. Sans compter que la jeune femme s'était habituée à ce sang de rôdeur qui maculait sa peau et ses vêtements. Après tout, c'était ce qui l'avait protégé pendant toute une semaine loin de sa famille.
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Sua Sponte
Fiksi Penggemar"Son coeur battant à cent à l'heure, Tonie continuait de fixer Glenn et le Shérif qui avançaient lentement, observant avec inquiétude les corps décharnés qui se retournaient de plus en plus à leur passage à mesure que la pluie les nettoyait de l'ode...
