— Toute la différence, elle se fait dans le contrôle que tu donnes à ton mouvement, expliqua Tonie en calant sa cigarette entre ses lèvres, avant de lever ses poings devant son visage comme si elle se préparait à faire un combat de boxe.
La nuit continuait d'étendre ses bras au-dessus du petit groupe d'amis réunit dans le jardin aux mille odeurs florales. Les conversations avaient légèrement perdu en intensité, se transformant en un ronronnement à mesure que la fatigue les gagnait. Debout près de la table où Rick, Daryl et Carol l'observaient avec amusement, Tonie balança son poignet droit dans le vide dans un geste vif et précis, sous l'oeil attentif de Carl qui se tenait debout face à elle et à qui elle dispensait quelques cours élémentaires d'auto-défense depuis dix minutes.
— Tu crois qu'en lançant ton poing le plus fort possible, c'est ce qui va désarmer ton adversaire, reprit Tonie en récupérant son mégot entre son pouce et son index. C'est faux. En faisant ça, tu vas te contenter de frapper de toutes tes forces sans forcément contrôler ton mouvement. Vas-y, essaie, elle ajouta en remettant sa cigarette entre ses lèvres, avant de lever ses paumes de main vers le fils Grimes. Contrôle et position.
Carl se mit en condition, bien en appui sur ses jambes et ses poings devant son visage, son regard amusé oscillant entre la paume gauche et la paume droite de la militaire, avant d'envoyer son poing droit dans la paume gauche en essayant d'appliquer la leçon qu'elle lui donnait.
— Pas mal, déclara Tonie avec sourire, en recrachant un nuage de fumée blanche. Maintenant ta gauche, elle reprit en posant son mégot sur le bord d'un cendrier posé sur la table, avant de revenir se mettre face au garçon.
Carl se remit correctement en position sous l'oeil fier de son père alors que le reste de la tablée se tournait vers eux l'un après l'autre, concentrant ses efforts sur son bras gauche. Quand il se sentit prêt à attaquer, il réitéra son geste contre la paume opposée de la jeune femme, qui en profitant pour lui attraper le poignet en le faisant tourner sur lui-même sans qu'il ait le temps de parer le coup. En moins d'une seconde, il était bloqué entre les bras de Tonie.
— Leçon numéro deux. Ne relâche jamais ton attention sur ton adversaire, elle déclara dans un sourire, avant de le relâcher sous les applaudissements amusés de leurs amis.
— Prends un adversaire à ta taille ! scanda Abraham, dont la voix avait doublé de volume sous l'emprise du vin rouge.
— T'as qu'à y aller, toi, rétorqua Rosita à sa gauche, assise à califourchon sur sa chaise. Je te parie que t'arrive pas à la mettre à terre, elle ajouta sur un ton de défi, en relevant la tête vers Tonie qui terminait sa cigarette et écrasait son mégot dans le cendrier.
La Ranger esquissa un sourire amusé, relevant ses prunelles grises sur l'ancien Sergent qui semblait hésiter à accepter le défi, envie qui était attisée par les regards curieux et impatients du reste de la tablée.
— Je te promet que j'essaierai de t'épargner, elle déclara d'une voix mutine.
Au bout de la table, Daryl pouffa doucement en baissant un instant la tête alors que tout le monde lâchait des éclats de voix enthousiastes. Il était heureux de voir autant de sourires réunis. Encore plus d'être témoin de celui de Tonie, dont les lèvres recourbées et la bonne humeur rayonnaient sur eux comme un soleil doré. Il aimait la voir telle qu'elle était sans le poids de sa propre vie. Insouciante, détendue et souriante. Parce que, inconsciemment, de voir qu'elle était encore capable d'agir de cette façon, ça lui redonnait le moral. Ça le rassurait.
— Ah ouais, tu crois ça ? répliqua Abraham en posant son verre de vin, tout en se levant de sa chaise.
— Vas-y Tonie, montre-lui ! Lâcha Tara sur le ton de la plaisanterie, alors que la résonance des murmures exaltés montait en volume.
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Sua Sponte
Fanfiction"Son coeur battant à cent à l'heure, Tonie continuait de fixer Glenn et le Shérif qui avançaient lentement, observant avec inquiétude les corps décharnés qui se retournaient de plus en plus à leur passage à mesure que la pluie les nettoyait de l'ode...
