CHAPITRE 62 - SAISON 4

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Un rayon de soleil matinal filtra par les grandes fenêtres à barreaux de la prison silencieuse, glissant lentement le long des murs bétonnés du Bloc C avant de venir caresser le visage endormi de Tonie. La jeune femme laissa échapper un léger gémissement plaintif en bougeant sous les draps, et elle se retourna sur le ventre sans se réveiller avant que sa respiration calme et apaisée ne revienne emplir la petite cellule.

Adossé contre le mur à côté d'elle, Daryl tira une latte sur sa cigarette en observant le profil féminin, admirant silencieusement les expressions infimes qui passaient sur les traits hâlés avant de tendre sa main gauche pour venir caresser distraitement les grains de beauté éparses qui courraient sur son dos. Il fit glisser son index entre chaque petit point brun, les reliant entre eux dans un geste absent en réfléchissant, et il prit une dernière bouffée de nicotine de sa Marlbo avant de l'écraser dans un petit cendrier de fortune posé sur la table de chevet à sa droite.

- Tu peux continuer, c'est agréable. Marmonna la militaire d'une voix ensommeillée, le visage enfouit dans son oreiller.

Daryl pouffa doucement entre ses lèvres en ramenant ses prunelles tourmentées vers Tonie, et il se pencha vers elle pour l'embrasser tendrement sur sa tempe chaude en se glissant à nouveau à ses côtés sous le drap froissé, enrobant le corps fin dans son bras musclé en la ramenant contre lui, appréciant le contact de la peau douce contre la sienne. Tonie ouvrit un oeil brumeux en se tournant vers l'archer, l'éclat doré dans sa pupille s'amusant un instant avec les rayons du soleil qui perçaient dans l'entrebâillement du rideau qui leur servait de porte, et elle releva légèrement le menton pour venir poser ses lèvres sur celles du garçon.

- T'es réveillé depuis longtemps ? Elle demanda en posant sa tête sur son torse, tandis qu'il caressait sa hanche du bout des doigts.

- Une heure, je dirais. Il répondit en haussant une épaule.

- J'ai encore fait un cauchemar ? Interrogea la Ranger avec inquiétude, en plissant le front.

Le garçon hocha doucement la tête en mordillant nerveusement sa lèvre inférieure, observant avec une tristesse sourde les iris gris anxieux.

Un hiver avait passé. Après la mort brutale de Merle, le petit groupe avait décidé tous ensemble de faire face au Gouverneur et de défendre la prison coûte que coûte. Mission qu'ils avaient glorieusement réussi en faisant croire à leurs ennemis qu'ils avaient déserté les lieux, avant de les prendre au piège dans les couloirs sombres du bâtiment carcéral. Les soldats de Woodbury avaient rapidement prit la fuite dans un désordre apeuré, et un petit groupe constitué de Rick, Tonie, Daryl et Michonne s'était lancé à leur poursuite pour en finir une bonne fois pour toute.

Mais au lieu de ça ils avaient découvert un massacre sur le bord de la route, exécuté par le Gouverneur qui - fou de rage - avait abattu ses hommes de sang froid avant de prendre la fuite. L'unique survivante les avait ensuite conduit jusqu'à Woodbury, où Rick avait posé les armes en invitant les habitants à le rejoindre à la prison.

Quand à Andrea - dommage collatéral de cette courte guerre - ils l'avaient découverte dans une cellule de la petite ville où le Gouverneur l'avait faite prisonnière après qu'elle ai tenté de s'échapper, condamnée par une morsure à l'épaule indirectement causée par le tyran. Michonne était resté avec elle jusqu'au bout, et quelques jours plus tard les corps de l'ancienne avocate et de Merle avaient été enterrés à l'orée des bois près de la prison.

Les semaines s'étaient écoulées, lentement, retirant imperceptiblement l'accablement endeuillé du petit groupe malgré le vide abyssal qui ne ternissait pas au fond de leurs pensées. Ils avaient occupé tout leur temps à construire un endroit sûr pour eux et pour ceux qu'ils rencontraient au hasard de leurs expéditions sur la route, offrant à qui voulait une sécurité et un repas chaud. La population de survivants s'était doucement agrandie, permettant une diversification des tâches de travail. Constructions, ravitaillements, surveillance du périmètre.. Tout le monde s'organisait et mettait la main à la patte pour essayer de recréer un semblant de vie normale.

Sua SponteOù les histoires vivent. Découvrez maintenant