CHAPITRE 16 - SAISON 2

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Une journée avait passé depuis l'emménagement de Tonie dans la maison d'en face. Profitant des températures clémentes de ce début du mois de Juillet, Daryl avait passé sa journée dans les bois à chasser des petits mammifères à l'ombre des grands chênes feuillus. Quand il émergea d'entre les arbres le soleil entamait sa longue descente à l'horizon, parant le ciel de ses nuances orangées et mauves. Il remonta le petit sentier en terre battue jusqu'à son quartier à la sortie sud de Jackson, et regagna sa maison auréolée des rayons de cette fin de journée brûlante. Il déposa son butin et son arbalète contre le mur, et tourna la tête vers la maison d'en face où une Ducati Scrambler - modèle Street Classic il lui semblait - était garée devant la jolie bâtisse à côté d'un pick-up qu'il n'avait pas encore vu. Il s'alluma une cigarette en continuant de fixer la maison de sa voisine, avant de s'engouffrer dans son salon où une fraicheur bienvenue l'accueillit. Il se dirigea vers sa cuisine et sortit une bière de son frigo, et la décapsula avec son briquet avant de boire une longue gorgée de l'alcool doré. Les fines bulles pétillèrent contre son palais, le désaltérant, et il soupira en appréciant silencieusement le calme environnant.

Mais sa tranquillité fut rapidement amputée quand des éclats de voix résonnèrent depuis la maison de Tonie. Daryl reposa lentement sa petite bouteille sur le plan de travail, l'oreille aux aguets, fixant ses iris bleus vers les fenêtres ouvertes de la bâtisse de sa voisine. Les cris d'un homme se superposaient à ceux de la jeune femme, et il entendit rapidement les pleurs du bébé s'élever au milieu de la dispute.

Qu'est ce qu'il était censé faire ? Y allez ? C'était pas son problème, se renfrogna le garçon en s'allumant une cigarette. C'est pas parce qu'il avait filé un coup de main à la jeune femme qu'il devait débarquer dès qu'elle était dans la merde. Il était pas un foutu chevalier servant. Moins il se mêlait des affaires des autres et mieux c'était. Et puis les cris semblaient s'atténuer. Tant mieux.

Il ressortit sur le perron et s'assit sur la première marche, sa bière à la main et sa cigarette dans l'autre. Il tira une latte sur le mégot fumant en gardant une oreille attentive, mais la tempête semblait être passée. Quelque secondes plus tard Merle se garait devant chez eux avec sa vieille Triumph. L'aîné enclencha la béquille et se redressa, lançant un coup d'oeil à la moto garée devant chez Tonie.

- Sympa la bécane. Nota Merle en grimpant les marches du perron.
- J'ai ramené le dîner. Lança Daryl avant de prendre une gorgée de bière.

Merle lança un regard aux deux lapins que son frangin avait rapporté de son expédition, quand de nouveaux éclats de voix - plus violents - s'élevèrent de chez leur voisine. Daryl se releva aussitôt dans un geste instinctif, prêt à bondir, tandis que son frère tendait l'oreille en fronçant les sourcils.

- C'est quoi ce bordel ? Grogna Merle en fixant la maison qui leur faisait face.

Daryl ne répondit rien, le corps tendu et se concentrant un maximum pour essayer de percevoir le niveau de danger dans les hurlements qui s'entrechoquaient. Au bout d'une poignée de secondes la porte d'entrée s'ouvrit à la volée, laissant apparaitre un homme d'une trentaines d'années en uniforme militaire, tirant par le bras une Tonie qui se débattait furieusement, tandis qu'on entendait les pleurs affolés du bébé qui leur parvenait depuis l'intérieur.

Sans réfléchir une seule seconde de plus Daryl s'élança aussitôt, sa bouteille tombant au sol et se brisant en milles morceaux sous l'impact. Merle sur ses talons, il traversa la rue déserte et enfonça son poing dans la face du militaire. Un air surprit sur son visage amoché par la puissance du coup, l'homme lâcha sa prise sur le bras de Tonie, observant les frères Dixon dans un va et vient nerveux de la pupille.

Sua SponteOù les histoires vivent. Découvrez maintenant