Pourquoi fit-on du sexe un abus et un tort ?
Croit-on que le plaisir commande d'attenter
À un sexe d'autrui, à d'autres volontés ?
On aurait mal acté comme est fait notre corps :
De l'orgasme l'instinct connaît où est le port,
Le sexe de la main est à proximité,
Il suffit d'être seul et l'on est contenté,
Le sexe est autonome : est-ce donc qu'on l'ignore ?
Quelle sale pensée a dû tourner le nord
Au sexe naturel si mal représenté ?
Est-ce un sexe fidèle – ô sinistre piété ! –
L'ennui, l'égalité ou la laideur encore ?
C'est plus certainement l'abandon de l'effort.
Car il est au vrai sexe une façon de sport
Dont l'efficacité produit la volupté :
On tâche à subjuguer, on aspire à tenter
Sur l'autre, par orgueil, une petite mort.
Quand on veut bien baiser, on aime plaire fort,
Le sexe est l'étalon de toute vérité ;
Le sexe est un beau don. Le sexe est la Bonté ;
C'est faute de travail qu'on a dénigré l'or.
Écrit le 26 juillet 2024. Publié le 2 février 2025.
