Après toi (écrit pendant)

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Tu sais bien, jeune Muse, il faut que j'envisage

À fond chaque douleur jusqu'à m'en saturer,

Même absurde ou intruse : un moyen d'être sage,

C'est, en purgeant ses pleurs, de se transfigurer.


Ainsi donc tu es morte en ce très affreux songe ;

Quelque mal insidieux a rongé ton doux corps,

Comme on ferme une porte. Effaré, sans allonge,

Solitaire et trop vieux, moi, pourquoi vis-je encor ?


Je me vois après toi tel un pâle automate,

Écrivant au bureau sans envie et sans fin,

Dénervé comme un roi que l'épreuve a fait mat,

Recelant sous mes mots tous tes souffles défunts.


De mon For essentiel je ne puis plus rien dire,

Je rédige en manie, usage et entretien ;

Si je n'ai plus ton ciel, nul soleil ne m'attire,

Qu'importent mes avis si je n'ai plus le tien.


Et surtout, je devrais parler pour quelqu'un d'autre,

En « Pohète » public, du heurt qui s'ensuivit,

Ce serait un arrêt à mes vœux et aux nôtres...


Ainsi, je te l'explique, ô Muse jeune, en vie.


Écrit le 29 octobre 2024. Publié le 12 mars 2025.

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