Hormis

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Sans pairs et sans amis, au manoir solitaire

Jeune bâti, hors dette, à la Tour loin de Terre.

Libre paisiblement. Ni néant ni prière.

Le haut portail joli devant la clairière.


Ô l'ombre et le silence. Ô crépuscule clair.

Trouver, quitter le monde en l'extase solaire.

Avant. Après. Entre ? Rien. – Un mépris. – Ou guère.

Là, revenir à soi ; effacer le vulgaire.


Un autre siècle, Muse amoureuse et entière,

Attend ma dévotion si humblement altière.

Voudras-tu vivre ici de ce bonheur austère

Avec moi, le paria, ton ogre militaire ?


En ce foyer, l'effroi ou la puissance espère :

Ton âme sera-t-elle, en ce lointain repaire,

Assez noblement pure, assez propre aux Critères,

Pour s'y entretenir auguste sagittaire ?


Un manoir... Crépuscule... Où mon esprit s'enferre :

Être au jour bien sociable, et la nuit se défaire

Du sale superflu. Ô supérieur Mystère :

Se parler. S'admirer. S'adonner. Puis se taire.


Écrit le 7 juin 2025. Publié le 20 novembre 2025. 

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