Des temps de l'amour

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Plus le temps passe et moins l'amour m'est apaisé.

Une autre décennie a perclus mes tendresses,

Refroidi mes chaleurs, opprimé mes caresses,

Inquiété l'insouciance, et mes élans lésé.


Autrefois je pouvais, tout patient de baisers,

Profiter sans tourment de cette humble paresse,

Et, sans craindre d'aimer ni que mon bonheur cesse,

Sur la couche étendu vivre un oubli aisé.


Mais tout blesse et tout fuit : je me savais « normal ».

Oh ! j'avais la jeunesse ! Un temps très simple et juste

M'oignait, et je lisais... moins Nietzsche que Shakespeare !


J'appréhende, à présent, que tout se change en mal,

Et songe qu'il faudrait – fruit d'existence auguste –

Toujours mieux mourir là, mourir avant le pire.


Écrit le 16 février 2025. Publié le 9 septembre 2025.

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