À Jean Garcia
Nous fonderons La Ville, hommes inexorables ;
Nous viendrons sans merci, isolés, comme nus.
Peu de là. Moins d'ici. Unis et inconnus.
Méprisant ce temps vil et qui fuit tel un sable.
Sans mot de rallîment, mis sur la même voie,
Guère en chaque pays mais ensemble beaucoup,
Nous serons les Haïs que, par crainte des coups,
On traite indolemment, en oubli, qu'on louvoie.
Notre marche impassible ennuîra les huées :
N'ayant, désargentés, sous nos rudes manteaux
Que nos muscles hantés, du livre et des marteaux,
Nous servirons de cible au râle et aux suées.
Cependant, cette alliance ignorée et tacite
Portera le destin où ils ne seront pas,
Pour qu'enfin, un matin, nous trouvions sous nos pas,
Malgré notre inconscience, un favorable site.
Alors, nous poursuivrons notre effort à ce signe,
Et la poutre, et la tuile, et le grain, et la manne,
Par le labeur fertile et le corps qui ahane
Sous ce ciel nous feront moins heureux mais plus dignes.
Écrit le 5 février 2025. Publié le 7 juillet 2025.
