Il avait sans cesse en tête
Son timbre vibrant de femme,
Lancinant comme une bête,
Harcelant même son âme.
Il tremblait pour sa main fine
Qu'il avait prise une fois,
Quelque occasion anodine...
Sa peau restait dans ses doigts.
Comme il mangeait auprès d'elle,
Ses cheveux longs déroulaient
Des parfums, doux comme une aile,
Dessus ses nerfs d'homme laid.
Chaque minute à côté
Lui faisait une douleur ;
Pourtant, loin d'elle arrêté,
Un manque poignait son cœur.
Il avait, en homme brave,
Introverti ses désirs
Comme on retient une bave
Ni ne se laisse gésir.
Un jour qu'elle crut le voir
Fixer avec insistance
Ses yeux d'un œil presque noir,
Lors, elle eut une prescience,
Et comprenant, tout soudain,
À maints souvenirs déclos,
L'amour masqué en dédain
Limpide comme de l'eau :
« Pourquoi de cet œil qui luit
Observes-tu tous mes pas ?
M'aimes-tu, mon ami ? » ; lui :
« Ça ne te regarde pas. »
Écrit le 21 février 2025. Publié le 12 octobre 2025.
