Puisque ça te touche

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Puisqu'un portrait d'amour te ferait trop pâlir,

J'y joins un vers sur deux que tu peux ne pas lire :


Et tes seins si parfaits en leurs fécondes pommes

(Quoiqu'un nombril bridé et de saillants ischiums),

Et la moiteur sublime de tes noirs yeux timides

(Devant servir d'exemple au sexe malhumide),

Et ta grâce distincte, et ta si fine peau

(Qu'un rasoir virginal doit laisser au repos),

Ne parlent pas assez de tes vertus insignes

(Ni de tes grands défauts ces huit petites lignes).


Ta tendre déférence envers tes longs aïeux

(Qui ont, mais par les ans, tes sourcils broussailleux),

Ta prudence attentive et tes craintes pudiques

(Impatientantes sont tes tendances mutiques),

Ta douce modestie, en éveil et toute ouïe,

(Dire, salope : « non » lorsque tu veux dire : « oui » !)

Si délicate et fille, si indolemment une

(Ta langueur à choisir quelquefois m'importune),

Ta si pure bonté que j'en ai presque honte

(Mais j'en « reviens » bien vite au moment de la monte) :


Nul n'a su t'aimer, Muse, ainsi qu'il aurait dû

(Et tant mieux si pour moi tu as encor perdu !),

Tu mérites les soins d'un être supérieur

(Et tu n'as trouvé mieux que ma placide horreur) :

Pour ces choses, Chérie, et pour d'autres : merci !

(Me fellateras-tu après ce texte-ci ?)


Écrit le 3 février 2025. Publié le 28 juin 2025.

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