78 ap. JC. Province impériale de Lycie-Pamphylie. Une gladiatrice, deux sœurs. Les mirages de l'arène, la haine de l'Empire. Une rencontre entre deux mondes, celui des esclaves et des hommes libres. Des jougs à secouer. Une liberté à conquérir.
Mai...
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Les ouvriers fourmillaient, leurs outils à la main ou jetés dans des chars à deux roues dans lesquels s'entassaient des sacs de sables,de plâtres, des pierres taillées, des plaques de marbres. La ville semblait prise d'une incroyable frénésie de construction. De reconstruction.
Téos et ses gladiateurs avaient débarqué alors que la cinquième heure venait de passer. Le laniste avait donné des instructions à Atticus et à Publius Tidutanus qui accompagnait toujours les gladiateurs en déplacement. Il avait envoyé Gaelig, l'armurier de la familia, louer un char. Il y rangerait son matériel et les équipements des gladiateurs, puis il se rendrait directement au ludus municipal escorté par trois gardes.
Téos, une fois qu'il se fut assuré que ses instructions avaient été comprises, partit devant. Il devait rencontrer les munéraires. Le munus avait été organisé par le conseil de la ville. Un munus pour apaiser les dieux et convaincre leurs concitoyens que Pompéi était toujours une ville de plaisir dans laquelle il faisait bon vivre. Seize ans auparavant, un tremblement de terre avait pratiquement rasé la ville et depuis, des secousses avaient entretenu une peur rampante. Une malaise qui n'avait pas empêché les édiles et les habitants de se lancer dans de grands travaux de reconstruction et d'embellissement. Ils avaient surtout, rapidement restauré et consolidé le grand amphithéâtre. Les Pompéiens se passionnaient pour les combats de gladiateurs et plus cruelle avaient été pour eux l'interdit qui avait frappé la ville vingt ans auparavant que le tremblement de terre qui avait suivi.
Au cours d'un spectacle, une rixe avaient éclaté entre les habitants de Pompéi et ceux de la ville voisine de Nocera. Elle s'était soldée par de nombreux morts. Des familles s'étaient plaintes à Néron et l'Empereur avait interdit, pour une période de dix ans, l'organisation de munus à Pompéi. Un drame. C'était pourquoi, après le grand tremblement de terre, l'amphithéâtre avait si promptement retrouvé sa splendeur.
Téos avait été contacté pour ses gladiatrices. Six paires s'affronteraient sur deux jours. Il avait accepté à la condition de pouvoir engager le même nombre d'hommes. Pompéi était proche de Rome, et nombreux étaient les habitants de la capitale impériale qui venaient y passer quelques jours de détente et y rechercher plaisirs et tranquillité. De riches romains y possédaient dans les murs ou dans la campagne environnante, de très belles villas de villégiature. Téos espérait se faire remarquer. L'amphithéâtre de Pompéi lui servirait d'étale. Il y exposerait ses gladiateurs.Il était connu en Orient, quelque peu en Grèce, mais quand on organisait des jeux dans la péninsule italienne, personne ne pensait à faire appel à ses services. Il se ferait un nom à Pompéi. Il savait qu'un munus devait avoir lieu peu de temps après à Capoue et s'il manœuvrait bien, il y engagerait ses filles. Deux, quatre, l'important était qu'on les vît combattre. Téos possédait une foi absolue dans les talents de ses gladiatrices, du moins dans ceux de ses melioras, et il se frottait les mains quand il voyait combattre sur le sable Marpessa, Xantha, Dacia, Enyo, Penthésilée et Lysippé. Ses deux plus jeunes recrues promettaient aussi beaucoup. Galini avait déjà trois victoires à son actif, quant à Marcia...