78 ap. JC. Province impériale de Lycie-Pamphylie. Une gladiatrice, deux sœurs. Les mirages de l'arène, la haine de l'Empire. Une rencontre entre deux mondes, celui des esclaves et des hommes libres. Des jougs à secouer. Une liberté à conquérir.
Mai...
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Marcia bénéficia des soins attentifs d'Atticus, des remontrances sévères d'Atalante et des remarques acerbes d'Aeshma. Herennius, qui avait assisté à la chasse, ne lui fit aucun reproche. Il estimait que ses deux mentors lui en feraient bien assez comme cela. Elle avoua sa bêtise, fit amende plus qu'honorable et promis tout ce qu'on voudrait bien lui demander.
— Les chiottes, tu vas laver les chiottes pendant un mois, asséna Aeshma furieuse. Tu cureras les fosses d'aisances. Toute seule. Tu t'occuperas personnellement du linge des novices. Et pas la peine de rêver, ce ne sera pas pour payer une lavandière en ville, tu laveras tout toi-même. Tu serviras de partenaire passive à tous les gladiateurs qui en feront la demande. La bestiaire aux cheveux d'or, tu oublies. Tu rétrogrades au quatrième palus.
— Eh, Aesh... l'arrêta Atalante. C'est une rétiaire, pas une thrace, tu t'arroges des droits que tu n'as pas.
— Parce qu'en plus, tu la défends ? l'agressa la Parthe.
— Non, se défendit la grande rétiaire avant de s'adresser à la jeune fille. Tu ne rétrogrades pas au quatrième palus, Marcia. Tu tiens ta place de championne de l'arène...
— Pff... souffla Aeshma.
— Laisse-moi finir avant de souffler ! l'invectiva Atalante avant de retourner son attention sur Marcia... tant que nous sommes à Rome. Une fois au ludus, tu retournes à ton entraînement de novice, Herennius sera d'accord.
— De novice ? blêmit Marcia.
— Oui, de novice, et compte sur moi pour rappeler à tes admirateurs que les novices quels qu'ils soient ne bénéficient d'aucune faveur.
— Atalante, je...
— T'as attrapé la grosse tête ! la blâma vivement Aeshma. Cette panthère a failli t'arracher la cuisse et le bras. Estime-toi heureuse si tu ne meurs pas d'une septicémie...
La jeune gladiatrice prit un air si malheureux que, prise de pitié, Aeshma ne put se retenir d'ajouter :
— Je n'ai pas vu ce que tu as fait avec la lionne, par contre avec l'ours...
Marcia releva vivement la tête, pleine d'espoir.
— Putain, ce que c'était beau ! jura Aeshma. Tu as été géniale !
— Et je suis sûre qu'Aeshma a adoré ta fanfaronnade avec le chacal, ajouta Atalante sarcastique.
— Ah ! Ah ! Ouais, c'était terrible, ça aussi ! approuva la jeune Parthe en riant. Et puis, tu montes tellement bien à cheval... ajouta-t-elle sincèrement admirative.
Marcia en oublia les terribles menaces qui pesaient sur sa tête.
— Et vous n'avez pas vu la tête de Julia ! Mais pour l'ours, sans rire, j'ai cru mourir. Il était trop gros.