Chapitre CXXIII : Entre les mains de la lupa

100 10 5
                                        

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.


Aulus Flavius avait observé les manœuvres et n'avait pas bougé du pont avant que le Cupidon ne se fût suffisamment éloigné de la côte pour qu'il se sentît en sécurité. Personne ne viendrait plus entraver sa fuite. Silus avait su dissimuler son départ et ni Julia ni ses maudits gladiateurs ne l'avaient rattrapé. Il était libre et Julia regretterait un jour ou l'autre de s'être dressée contre lui. Son fils, son stupide mari, sa sœur ou Marcia Atilia. Tous, les uns après les autres, s'il en avait la possibilité, sauraient un jour ce qu'il en coûtait d'aimer une menteuse et une esclave malhonnête.

Une esclave... Dire qu'il s'était abaissé à espérer la séduire et qu'elle s'était permise de le rejeter. Qu'il l'avait respectée. Une gifle et l'injonction de se soumettre voilà ce qu'elle avait mérités. La prison l'avait trop dégoûté pour profiter d'elle, mais il ne regrettait pas trop de ne pas l'avoir lui-même baiser. Silus avait déployé des trésors d'inventivité et de vigueur pour lui offrir un très joli spectacle. Un sourire pervers fleurit sur ses lèvres au souvenir de Julia humiliée par le centurion. Le spectacle avait été plus que joli. Il avait été jouissif. Cette pensée alluma son désir. Il porta une main sur son bas-ventre et grogna doucement. Il espéra soudain que le cadeau de Septimus tînt ses promesses parce que si c'était le cas, il tombait réellement à point nommé et Aulus se ferait un plaisir d'en jouir jusqu'à plus soif. Le départ du Cupidon méritait une célébration digne de son dieu tutélaire, il se ferait son servant et la lupa honorerait ainsi sa déesse.

.

Saucia arrangeait la coiffure de Zmyrina quand le procurateur entra sans s'annoncer. Il s'arrêta un instant sur le seuil. Le tableau était charmant. La servante ne présentait pas un physique aussi ingrat que l'avait laissé supposer les paroles du capitaine. Elle n'était peut-être pas de première jeunesse, mais elle avait des traits agréables et sa longue tunique serrée étroitement sur sa taille, laissait présager un physique tentant, aussi tentant à la caresse que l'étaient ses bras noueux et sa peau sans défaut. Le cadeau de Septimus, assise sagement sur un siège, arborait un air sérieux. Elle croisa le regard du procurateur et la jeune femme n'eut soudain plus rien de sérieux ou de sage. Elle vrilla ses yeux dans les siens, esquissa un sourire qui releva à peine les commissures de ses lèvres, pencha légèrement la tête sur le côté, croisa lascivement ses jambes l'une sur l'autre dévoilant des pieds nus et une cheville fine qui donna tout de suite à Aulus l'envie de s'en emparer. Saucia suspendit son mouvement, Zmyrina la rappela sèchement à l'ordre et s'abandonna en gémissant à ses soins.

Aulus referma la porte et s'y adossa, les bras croisés, un sourire satisfait et gourmand aux lèvres. Il appréciait le jeu plein de promesses. Les yeux de Zmyrina retrouvèrent les siens. La jeune femme ne cachait pas son plaisir et le procurateur ne cherchait pas à dissimuler son désir. Il grimaça une moue entendue quand Zmyrina abaissa un moment le regard sur son bas-ventre et leva un sourcil amusé et provoquant. La fille lui plaisait, elle connaissait bien son métier. Il prendrait son temps et profiterait peut-être de la servante. Ce genre de filles en savait souvent autant que leur maîtresse sur le sujet.

Le sable rougeDes histoires addictives. Découvrez maintenant