78 ap. JC. Province impériale de Lycie-Pamphylie. Une gladiatrice, deux sœurs. Les mirages de l'arène, la haine de l'Empire. Une rencontre entre deux mondes, celui des esclaves et des hommes libres. Des jougs à secouer. Une liberté à conquérir.
Mai...
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La colonnade s'étendait, immense, témoignant de la richesse de la ville et de son commerce florissant. Elle partait de la côte et remontait lentement vers le forum, encadrant une large avenue bouillonnante de vie.
Gaïa marchait, à l'abri du soleil, aux côtés d'Andréas. Elle n'avait pas souhaité faire escale avant d'atteindre Patara, mais l'Artémisia devait répondre à des engagements qu'il lui était difficile d'ignorer. Violer des accords, exposait à ruiner des années d'efforts et de négociations. Si le navire lui appartenait, et si les accords étaient scellés en son nom, d'autres qu'elle y engageaient leur réputation : ses capitaines, ses commis, ses intendants, ses clients. Andréas et le capitaine lui avaient affirmé que certaines escales pouvaient être ignorées, mais pas celle prévue à Tyr. Ils ne s'arrêteraient pas à Sidon ni à Byblos. Les marchandises qui devaient y être embarquées attendraient et celles qui devaient être livrées le seraient par voie de terre à partir de Tyr. Gaïa avait proposé à Andréas de se charger elle-même des négociations et de trouver des convoyeurs. Sa présence accélérerait la résolution de tous les problèmes qui pourraient se poser. Gaïa connaissait beaucoup de monde, elle était aussi respectée et appréciée, pour sa grande probité et son aisance à négocier.
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Elle avait demandé sans détour ni fioriture à Aeshma de l'accompagner. Comme garde du corps.
— Tu es gladiatrice, Antiochus est resté à Patara auprès de Julia, je n'aime pas avoir à me garder des importuns ou des voleurs. Être accompagnée d'un garde du corps, me permet de ne pas m'inquiéter de ma sécurité ni de celle de ceux qui m'accompagnent et de m'imposer physiquement. Tu seras parfaite. D'autant plus parfaite que tu es une femme et que tu es... Mmm... jolie.
Gaïa arborait un sourire réjoui. Aeshma resta de glace.
— Bon, Aeshma, Je ne veux pas t'obliger à quoi que ce soit, mais accepterais-tu cette charge ?
— Évidemment, répondit Aeshma en haussant les épaules.
— Parfait, parfait, s'enthousiasma Gaïa. Il faut que nous soignions ton apparence pour que les gens ne se leurrent pas sur ta fonction auprès de moi. Tu as des idées ?
— Si vous êtes prête à tout, domina. J'en ai.
— Je suis toujours prête à tout avec toi, Aeshma, lui rétorqua Gaïa enlevant un sourcil provocateur. Et si tu exprimes des besoins trop spécifiques, j'enverrai Andréas chercher ce qu'il te faut avant de débarquer. Je ne veux pas manquer notre entrée !
— Je n'ai pas besoin de grand-chose, domina. J'ai une tunique, ma ceinture, un pugio, il me faudrait un bandeau pour les cheveux, un glaive et des caligaes. Je voudrais aussi de la teinture bleue pour la peau.
— De la teinture bleue ?
— Oui, pour qu'on m'identifie à une guerrière. Les peuples du nord arborent des tatouages et en Bretagne, les guerriers ont l'habitude de s'orner de peintures quand ils partent en guerre. Certains gladiateurs de ma familia se peignent ainsi le visage avant un combat. Ils m'ont expliqué que ces peintures servaient de protection contre les blessures et le mauvais sort, mais aussi à effrayer les ennemis. Seuls les rétiaires n'ont pas le droit de se grimer sinon pour se protéger les yeux de la réverbération du soleil.