Chapitre CXVII : Souvenirs d'enfance

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— Je ne comprends pas, murmura Berival. La garde n'est jamais si importante. Pourquoi avoir appelé tous ces hommes à la villa ?

Tout avait été bouclé, toutes les portes d'accès aux différentes parties de la villa étaient fermées et gardées par des hommes en armes. À la tombée de la nuit, la grande cour avait été investie par les nouveaux arrivants.

— Ils craignent une attaque, marmonna Enyo contrariée.

— Je vous avais dit qu'un traître se dissimulait au Grand Domaine, intervint Pagona.

— Il n'est pas ici, affirma Enyo pour calmer les appréhensions de tout le monde.

— Qu'en sais-tu ? demanda la jeune femme.

— S'ils savaient qu'une attaque se préparait, ils auraient rappelé tous les gardes. Pas seulement ceux-ci. Ils se montrent prudents, c'est tout. Peut-être ont-ils su pour notre arrivée à Myra, mais nous nous sommes déplacés très vite. Personne ne peut imaginer qu'on puisse parcourir quatre-vingt milles en huit heures et que le lendemain, on soit prêts à se battre.

— Comment on va faire ? lui demanda Berival.

La gladiatrice avait dix ou onze ans de moins que lui, mais c'était une guerrière habituée aux combats. Une élève d'Aeshma. D'Atalante aussi peut-être. La grande rétiaire avait su organiser la défense du camp de bergers contre les loups. Il avait toujours pensé qu'ils devaient de s'en être tous sortis vivants grâce aux compétences qu'elle avait montrées en stratégie bien plus qu'au courage dont tout le monde avait fait preuve ou à la valeur martiale des gladiatrices. Ils avaient vaincu et n'avaient pas essuyé trop de pertes parce qu'Atalante s'était montrée prévoyante et parce qu'ils avaient bénéficié des qualités d'archères des dominas. Les propos d'Enyo, la présence des deux autres gladiateurs, celle de leurs camarades à l'extérieur, démontrait une stratégie élaborée qui n'avait laissé que peu de place au hasard. Aeshma l'avait recommandé auprès d'Enyo, il ne remettrait pas en doute la confiance que son ancienne apprentie avait placé dans la jeune femme.

— Il serait peut-être temps de voir ce que tu gardes comme outils utiles dans tes réserves, déclara celle-ci au forgeron.

— Je n'ai pas grand-chose.

— Nous ne sommes pas nombreux.

— ...

— Gal, Sara, toi, moi. Les bergers manient le bâton avec une grande dextérité, si tu ne peux rien leur offrir d'autre, ils s'en contenteront. Qui d'autre peut nous être utile ?

— Personne, je le crains, répondit Berival touché qu'elle le compte parmi les combattants

— Tu n'as pas ce qu'il nous faut ? s'inquiéta Enyo.

— Si.

— Ici ? 

— Oui.

— Je peux voir ?

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