78 ap. JC. Province impériale de Lycie-Pamphylie. Une gladiatrice, deux sœurs. Les mirages de l'arène, la haine de l'Empire. Une rencontre entre deux mondes, celui des esclaves et des hommes libres. Des jougs à secouer. Une liberté à conquérir.
Mai...
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NB : Je tiens à remercier les numéros 7 (7 et 72 !) et les autres lecteurs ... pour leur fidélité.
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L'après-midi, la foule revint nombreuse et curieuse. La matinée avait été splendidement surprenante. La chasse n'eût pas dû réserver la surprise qu'elle leur avait réservée. Le programme parlait d'animaux boréaux fantastiques, de gazelles bondissantes et du ballet de leurs fuites, pas de combats sanglants. Les chacals et les hyènes n'avaient été lâchés sur le sable que pour mieux mettre en valeur la grâce des animaux à la belle robe couleur caramel. Mais les filles et cette Marcia surtout, avaient rendu la chasse excitante et héroïque.
Des gladiatrices étaient programmées en fin de journée. Six couples. Beaucoup de spectateurs n'avaient jamais assisté à des combats de gladiatrices. On savait que le ludus de Capoue en entraînait une vingtaine. On parlait aussi de ludus en Orient, dont celui de Sidé en Lycie-Pamphylie. Des Capouans louaient leurs prestations, d'autres spectateurs venus de la province d'Asie ne tarissaient pas d'éloge à leur propos. Les filles étaient jeunes, belles, athlétiques, ce qui répondait aux canons de la beauté féminine. Mais aussi, vives, violentes, courageuses, hargneuses et ceux qui les avaient déjà vu combattre assuraient qu'elles offraient toujours des prestations très techniques, ce qu'appréciaient particulièrement les amateurs de beaux combats. Le citoyen romain était avide de nouveauté et il avait hâte de vérifier si tout ce que déclaraient les provinciaux était réel ou ne s'apparentait qu'à un vaste tissu de mensonges.
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Atalante vérifiait les attaches de ses caligaes. Des pieds entrèrent dans son champ de vision et s'immobilisèrent à un pas devant elle. La grande rétiaire passa à son autre caligae. Les pieds ne bougèrent pas. Atalante sentait un regard peser sur sa tête. Son adversaire ? Elle était appairée à une secutor issue d'un ludus de la Narbonnaise, elle ne savait plus trop de quelle ville. Elle ne connaissait pas cette partie du monde. Elle enroula minutieusement les brins de ses lacets. L'autre ne bougeait pas. La jeune Syrienne laissa un soupir excédé lui échapper. Si c'était comme cela que la fille pensait l'impressionner. Elle allait juste l'énerver, ce qui ne serait pas à son avantage. Un pied s'avança, toucha le sien. Atalante se remit prestement debout et fixa l'importune d'un œil mauvais.
Une mirmillon. Pas son adversaire. La gladiatrice était casquée. Elle arborait même un magnifique casque de parade. On y voyait s'ébattre des animaux sauvages sculptés en ronde-bosse : des ours, des loups, des lynx, mais aussi des biches et des cerfs. Le cimier avait l'apparence d'un ours qui bondissait en avant. La fille ne bougea pas, elle observait Atalante derrière les grilles de son casque.
Qu'est-ce qu'elle lui voulait ? Elle était grande, presque plus grande qu'elle et elle avait... les épaules très larges. Une taille fine et les hanches étroites, ce qui rendait ses épaules d'autant plus larges.