Chapitre 25

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(Lucia)

Pendant le vol, j'écoute de la musique. Je m'emmerde. Le mec à côté de moi est hyper relou, et essaye sans arrêt d'attirer mon attention. Il a beau être mignon, je le sens pas du tout. Du genre petit branleur italien qui doit rouler en Vespa pour rejoindre ses conquêtes ! C'est stéréotypé, mais je suis sûre que c'est vrai !

Et puis bon... Je pense surtout à Alvaro.

Hier soir, il est rentré limite en faisant la gueule tout ça parce que je n'ai pas voulu le suivre pour coucher, et ce matin, il ne m'a pas regardé, ni même dit bonjour...

Le mec avait juste besoin de tirer son coup en réalité. Je refuse, il passe tout de suite à autre chose.

Ca me fait un peu de mal. Parce que même si c'est vrai que notre escapade à Florence se résume au sexe, je pensais quand même qu'on avait partagé un autre bon moment. Qu'on avait comme tissé quelques liens, une certaine complicité.

A croire que j'ai eu tort. Je me suis bien faite avoir.

Le résumé de ma vie.

On est arrivé à Madrid. Je descends, et je rejoins les autres qui sont descendu bien avant moi. Pedro a l'air un peu plus frais qu'à l'embarcation. C'est toujours ça. On attend que nos valises arrivent sur le tapis, et je prends celle de Pedro. Je jette un œil à Alvaro, mais il évite carrément mon regard en détournant la tête. Mon cœur se serre devant cette réaction puérile.

Ap : Les enfants ? Je vais retrouver ma femme! Merci pour votre travail !

Il donne l'accolade à tout le monde.

Ap : Alvaro, on se voit dans trois jours pour la promo.

Am : Oui !

Il s'approche de moi.

Ap : Lucia. J'ai été ravi de faire ta connaissance.

L : Moi aussi. En tout cas, j'ai vu que le patron de mon frère était adorable !

Ap : Pedro, j'adore ta sœur ! Elle reconnaît les bonnes choses !

P : C'est de famille !

Et il s'en va.

P : Alvaro ? On partage un taxi ?

Am : Euh... Ouais !

L : Et moi ?

P : T'es pas du même côté que nous dans Madrid.

L : Ok sympa...

P : Je plaisante !

L : Tu te sens mieux toi, ca va!

Il passe son bras autour de mes épaules et on marche vers un taxi.

P : Alvaro ? Tu veux prendre le petit déjeuner à la maison avec Lucia ?

Am : Hum... Non... C'est gentil, mais j'ai qu'une envie, c'est de revoir mes enfants. J'aurais peut-être la chance de les emmener à l'école si on n'arrive pas trop tard.

P : Je comprends. Dans ce cas, on passera chez Blanca en premier.

Am : Merci.

Je ne dis rien.

C'est vrai qu'il a des enfants. Mais il va « chez Blanca ». Au moins, il ne m'a pas menti en me disant qu'il n'était plus avec sa copine de longue date. Mais maintenant, je ne peux pas m'empêcher de me demander qui a rompu avec l'autre... Pourquoi? Est-ce qu'il a souffert ? Est-ce qu'il l'aime encore ?

On grimpe dans un taxi. Alvaro est encore devant. Je le guette pendant le trajet, mais jamais il ne se retourne pour me regarder. Il est totalement différent de quand il était à Florence. Ca me pèse...

Puis on arrive chez Blanca. Alvaro paye sa course, et descend pour récupérer sa valise dans le coffre. Pedro baisse la fenêtre et se relève de son siège pour lui faire une bise.

P : Fais un bisou à tes marmots.

Am : Sans faute. On se voit vite de toute façon pour la première !

P : Oui! Prends soin de toi en attendant !

Am : Toi aussi!

Il me fait un signe de tête pour me dire au revoir, et mon cœur se serre une fois de plus. Un signe de tête quoi. C'est tout ??

Et il s'en va... Pedro remonte la fenêtre et donne son adresse. Le taxi redémarre.

P : Il s'est passé quelque chose entre vous ?

L : Comment ça ?

OH PUTAIN.

P : Je sais pas. Vous aviez l'air comme cul et chemise, et depuis ce matin, vous semblez distants.

L : Non, il s'est rien passé. Du moins je pense pas.

P : ... Lucia ?

L : Mais non je te dis !!

P : Ouh là ! T'es sur la défensive !

L : Merde. T'as intérêt de me faire des œufs sur le plat en arrivant.

P : Comme tes seins ?

Je le frappe.

L : J'ai plus 10 ans !

Il glousse, visiblement heureux de sa vanne.

Il grandira jamais ce type.

Au moins, je suis soulagée qu'il n'insiste pas trop sur la tension entre Alvaro et moi.

Mais à priori, ca reste flagrant comme changement d'ambiance.

J'aurais aimé lui parler.

Comprendre pourquoi il s'est fermé comme ça.

Si je n'étais qu'une passade.

Florence - Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant