Partie 16 : distraction malvenue

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- Très bien. Nous nous verrons donc une fois par semaine.

Il me fixa, résolu. Devais-je protester ? Après tout, je n'avais jamais demandé à le voir plus souvent, ni affirmé que la fréquence fixée par l'université était insuffisante. Était-il arrogant ou simplement perspicace ? Il tira une carte de la poche intérieure de sa veste, la retourna et y griffonna quelque chose.

- Mes coordonnées, annonça-t-il sobrement en me la tendant.

Après quelques secondes d'hésitation, je la saisis. Il avait inscrit à l'arrière du rectangle cartonné son numéro de portable et son adresse mail personnels. Étrange. Je décidais de ne pas m'en formaliser.

- Qu'attendez-vous de cette relation ?, poursuivit-il.

Je fus prise d'une soudaine bouffée de chaleur. J'inhalai l'air un peu trop brusquement et retins une légère quinte de toux. Il comprit aussitôt que sa question m'avait troublée.

- Relation de mentorat, précisa-t-il non sans s'accorder quelques secondes pour apprécier mon embarras.

Oh... Une pointe de déception me piqua le cœur. Étais-je atteinte de démence ? Je n'avais absolument aucune raison d'être déçue.

- Je sais pas, à vrai dire.

L'écran de son téléphone portable s'alluma pour la énième fois depuis le début de cette rencontre.

- Vous devriez peut-être répondre.
- Pardon ?
- Votre téléphone, indiquai-je en le désignant d'un mouvement de tête.

Il jeta un coup d'œil à son portable, sembla hésiter, puis le consulta un instant avant de le ranger.

- Je vais devoir y aller, annonça-t-il.

Déjà ? L'entrevue avait été bien trop brève.

- Prenez le temps de réfléchir à ma question et répondez moi par mail, reprit-il alors que je quittai mon siège.

J'acquiesçai et fléchis légèrement mes genoux pour récupérer mon sac échoué au sol. Il me raccompagna jusqu'à l'entrée de la salle. Je pivotai pour lui faire de nouveau face.

- Merci d'avoir accepté de me mentorer, repris-je en lui tendant la main.

Il me dévisagea brièvement avant de la saisir. Ce simple contact, mêlé à l'intensité de son regard, me déstabilisa légèrement. Je dus me ramener à la raison. Il n'y avait absolument aucune ambiguïté dans l'échange que nous venions d'avoir. Mes pensées étaient déplacées. Après un instant de silence, il relâcha doucement sa prise.

- Une dernière chose, ajouta-t-il.

Sur le départ, je me figeai attendant la suite.

- Une distraction qui provoque un retard n'est jamais bonne.

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