Une douleur lancinante me martelait le crâne. Une de celles qui vous fait amèrement regretter votre nuit écourtée par un souvenir aussi désagréable que fugace.
L'eau chaude se déversait sur mon corps. J'inclinai le pommeau de douche vers mon visage. La puissance du jet acheva de me réveiller. Pourquoi Guesdes avait-il cherché à me joindre ? Vu nos récents échanges ou plutôt, si l'on s'en tient à notre dernière interaction, absence d'échange je ne pensais pas avoir de ses nouvelles de sitôt. Soyons honnêtes, je ne pensais pas avoir de ses nouvelles tout court.
Je m'enroulai dans une serviette et quittai la salle de bain pour récupérer mes vêtements étendus sur le lit.
Je l'entendais encore hurler mon nom. Je ressentais encore la violence de son ton. Je revoyais ses iris métalliques me défier, consumé par une colère sourde. Une colère qui m'était clairement destinée. Une colère qui faisait abstraction de son environnement. Comme si nous étions seuls au monde. Comme si s'époumoner de la sorte en plein milieu de la rue et du jour était tout à fait normal.
Il avait ensuite cherché à maîtriser cette colère, lutter contre son inflexibilité. Je me rappelai avec clarté le moment où, prenant conscience de mon état, il perdit pied. La colère se alors transforma en autre chose. J'avais été incapable de lire ses traits, d'interpréter pleinement le regard qui parcourait mon corps. Incapable d'appréhender l'image que son esprit forgeait.
J'avais, bien sûr, conscience de mon allure déplorable, mais je ne comprenais pas pourquoi il avait été autant affecté. J'étais une quasi inconnue. Qu'est-ce qui, dans ce bref moment, m'avait échappé ? Pourquoi avait-il pris la fuite ? Pourquoi appelait-il maintenant ?
Je venais tout juste d'enfiler mon jean lorsque ma mère fit son apparition.
- Quoi ?
Elle peinait à verbaliser l'inquiétude et la panique que ses yeux me communiquaient. Je déglutis avec difficulté. Je me sentais, tout à coup, vide. Comme lorsqu'une catastrophe inévitable survient et que, par lassitude et découragement, on se contentait d'observer en silence les choses se produire. On acceptait un destin qu'on savait inéluctable. On ne cherchait plus à dégager la terre du trou dans lequel on était coincé. Une terre qui continuait à s'abattre sur nous, qui finirait tôt ou tard par remplir l'espace et nous enterrer vivants.
- Ton père est aux urgences.
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Déboires chroniques
RomanceLa vie est loin d'être un long fleuve tranquille. Les espoirs, les idéaux, l'utopie que notre esprit engendre sont mis à mal par les épreuves jalonnant notre chemin. La solidité des liens amicaux et amoureux est testée durant ces épreuves. Jena, ét...
