Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
Nizar détestait la Saint-Valentin.
Il n'y avait pas énormément de raison à ça, à vrai dire il n'y en avait qu'une seule.
Estelle.
Rien que son prénom lui donnait des frissons de désagrément.
Avec elle, l'artiste peintre adepte du courant abstrait avait engrangé des milles et des cents.
C'était qu'elle posait bien, sa muse.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
Jamais il ne la peignait avec exactitude : il se contentait de s'en inspirer pour créer des chefs-d'œuvre affreux, mais si hors du commun que les amateurs de son travail se les arrachaient à prix d'or.
Devenu soudainement riche après une décennie de galère, où Nizar enchaînait des petits boulots et consacrait la quasi-totalité de son temps de repos à pratiquer son activité artistique, l'homme avait finalement décidé de garder auprès de lui sa fidèle Estelle.
Pour toujours.
Malgré la myriade de pimbêches opportunistes reniflant tels des limiers en forêt l'odeur de ses millions, l'orphelin n'avait jamais regretté son choix.
Jusqu'à ce jour.
Pour tenter d'oublier, il fit comme il l'avait toujours fait : Nizar représenta une figure tirée de son apparence sur une toile blanche.
Qui ne le fut en toute logique plus très longtemps.
Bientôt, des traces de rouge sombre, puis vif, parfois saupoudrés de quelques touches de lumière artificielle par-ci par-là remplacèrent la surface immaculée de la planche maintenue sur son chevalet.
Alors, il sentit revenir en lui une énergie que jamais plus, depuis qu'il s'était habitué au succès, n'avait enflammé ses veines, ses muscles, l'entièreté de son enveloppe charnelle.
Les mouvements de son poignet, de son bras s'exaltèrent et produisirent ce qu'il comprit alors comme étant l'œuvre de sa vie.
Celle dont tout le monde se souviendrait, tel Guernica de Picasso, ce tableau viendrait immédiatement à l'esprit de quiconque pensant à son auteur.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
Nizar Wael se verrait indéfiniment relié à elle, ce qui le poussa d'autant plus à la parfaire.
À la rendre exceptionnelle.
En aucun cas il ne devait manquer un détail, un relief, un contraste qui mettrait à mal le prodigieux travail qu'il exécutait là.
Sa dernière toile devait être mémorable.
Il savait déjà comment il l'appellerait : Estelleun jour de Saint-Valentin.
Son auteur imaginait déjà la pléthore de mal dégrossies féministes spéculer quant à la définition profonde, la réalité cachée par Nizar Wael derrière ce nanar.
L'homme était violent, sadique et lui faisait subir ce que la loi appelait désormais un contrôle coercitif...
La pauvre Estelle, à l'âme probablement aussi blanche que celle de son concubin était noire, se trouvait sous son emprise.
Faible, énamourée et sans le sou, elle n'avait eu d'autres choix que de se maintenir auprès de lui.
Lui, vil individu usant à outrance de ses pouvoirs financiers et relationnels, savait que pour elle l'issue ne pouvait être que la mort.
Même quand sa vie commença à s'écouler dans une affreuse geôle partagée avec l'une des innombrables petites mains même pas vingtenaire d'un gigantesque réseau de trafics d'enfants et de stupéfiants...
Loin de toute gloire et coupé du monde, les soutiens d'Estelle continuèrent à raison de traîner son nom dans les bas-fonds.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.