Lahar

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Kreshnik n'en croyait pas ses yeux

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Kreshnik n'en croyait pas ses yeux.

Il avait sous le nez toute une gamme de corps inanimés - pour ne pas dire morts -, les yeux grands ouverts, le crâne, le torse ou les cuisses touchés par balles.

L'homme venait là de commettre un véritable carnage.

Ses nerfs avaient lâché, voilà tout.

Ils l'avaient bien cherché, c'était ce qu'il pensait.

Subitement, une flopée de larmes coula le long de ses joues.

Non pas de haine, certainement pas de tristesse.

Mais de joie.

Depuis le temps qu'il rêvait de tous les abattre, chacun leur tour.

De les abattre un par un, d'observer la terreur couplée à un curieux mélange de regret et de recherche de pitié être soudainement remplacée par le surprise et la douleur.

Concernant cette dernière, Kreshnik était plus qu'heureux à l'idée qu'en plus d'avoir mis fin à leur médiocre existence, il avait aussi tué celle de leurs proches.

Leur fils, sœur, neveu, père, mère, cousin, cousine, ami ou autre, canardé tel un lapin le jour de l'ouverture de la chasse pour une raison aussi facilement évitable.

Bien évidemment, le jeune homme coupable de cette vengeance privée allait devoir leur verser de nombreux dommages-intérêts.

Toutefois, il savait qu'il ne serait pas emprisonné.

Jusqu'à preuve du contraire, Kreshnik était toujours schizophrène, et donc inapte à subir une condamnation pénale.

Ce qui l'arrangeait bien...

En attendant de recevoir des soins, puis de sortir de l'unité psychiatrique dans laquelle il serait quelques temps placés, le jeune homme prévoyait d'apprendre l'espagnol.

Ainsi, il débuterait une toute nouvelle vie, loin d'ici et évidemment, sous une fausse identité.

Pour le moment, il contemplait avec fierté la sale besogne qu'il venait là de terminer.

Il en avait manqué un paquet, le lahar le regrettait.

Toutefois, il n'osa pas partir à leur recherche, pour ceux potentiellement encore dans les environs.

C'était trop risqué, d'ailleurs il savait que très bientôt il allait risquer de lui-même se faire fusiller.

Il aurait dû garder l'une de ses victimes vivantes, afin d'utiliser l'otage comme bouclier.

Là ? Il était bien embêté.

Néanmoins, Kreshnik avait des ressources.

Des balles, il en avait pléthore.

En conséquence, le terroriste sortit finalement de son trou.

Il traversa l'amphithéâtre, afin de se rendre dans celui adjoint.

Aux issues scellées par ses soins...

À sa grande surprise, un homme lui lança une chaussure lorsqu'il posa les siennes dans la pièce.

Étonné et soudainement regorgé de colère, l'homme armé relâcha une rafale en sa direction, provoquant de nombreux cris aigus.

L'effroi intense était tel qu'une bonne partie des Kinder Surprise ne put s'empêcher d'hurler.

Lorsqu'il termina enfin le travail, choisissant avec soin celle qu'il n'allait que blesser, Kreshnik fut enfin appréhendé.

La négociation fut longue, sa victime paniquée mais calme, aussi utile qu'il l'avait espéré.

Puis enfin, il sortit de l'amphi avec l'étudiante sous le bras, devant lui.

Comme prévu, jamais l'homme aux origines albanaises ne posa un orteil dans un établissement pénitentiaire.

Et après qu'il ait recouvré sa liberté au bout de plusieurs années, strictement personne ne sut ce que le terroriste de l'université d'Orcanie était devenu.

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