Ludopathe

7 0 0
                                        

Comme bon nombre d'hommes de son entourage, Alya avait une forte dépendance aux jeux d'argent

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Comme bon nombre d'hommes de son entourage, Alya avait une forte dépendance aux jeux d'argent.

Et pas n'importe lesquels.

Son truc à elle, c'étaient ceux disposant de la plus forte récompense en cas de gain.

En somme, les loteries.

C'était simple, rapide, efficace.

Juste un peu cher, à la fin du mois.

Néanmoins, l'étudiante en géographie en était sûre : avant la fin de ses études, elle gagnerait le gros lot.

Non pas que celui-ci était inaccessible : simplement, il l'était quasiment.

Elle avait bien tenté de convaincre son entourage mais heureusement pour leur légère bourse, ceux-ci avaient poliment décliné son invitation à rejoindre le cercle des pigeons.

Jouer ça oui, mais pas à outrance.

Pensaient les plus modérés.

Les autres rejetaient automatiquement, et d'un bloc l'idée farfelue d'une copine, connaissance ou cousine.

C'était bien stupide, ce fantasme de payer en imaginant qu'une chance sur des millions voire plus se matérialise.

En aussi peu de temps, d'autant plus...

Car personne n'était dupe : même si Alya se rendait avec une prétendue assiduité à chacun de ses cours magistraux, en réalité celle qui rêvait d'argent facile n'était en aucun cas ce qu'on qualifiait d'assidu.

En première année après un retriplement, elle se contentait d'essayer un peu de prendre en notes les paroles sans queue ni tête, d'un niveau de langage pour la fan de télé-réalité peu habituel de ses professeurs.

Car en recours, si la Française des Jeux ne la rendait pas richissime, la jeune femme aussi banale que vide d'esprit prévoyait bien de devenir « influenceuse ».

Après tout, c'était bien facile.

D'après les propres dires de l'utilisatrice - pour le coup en l'espèce réellement - assidue du réseau social Snapchat, il suffisait de se faire remarquer pour réussir...

Grave erreur, mais pas beaucoup plus stupide que celle de gaspiller son temps à la faculté où, de toute manière, la blonde intérieure ne risquait pas de décrocher le moindre diplôme.

Si déjà elle parvenait à passer la première année...

Sa mère et son père avaient bien tenté de motiver la loque qu'ils avaient pondu, en lui vantant une carotte matérialisée en une Fiat 500 couleur rose gold...

Mais à leur grand étonnement, celle-ci leur avait aussitôt dit qu'avec ce qu'elle allait prochainement gagner, c'était plutôt à eux, et non à elle, qu'il fallait demander quelle voiture elle désirait se voir offrir.

Quoi qu'il en soit, Alya continua ses tentatives infructueuses de richesse rapide et sans effort.

Elle était jeune, n'avait que vingt-et-un ans : son investissement dans les jeux d'argent, le copytrading promu par ses influvoleurs chouchous ainsi que ses snaps tous plus gênants les uns que les autres allaient bien finir par lui donner la vida loca.

Une grande maison à Dubaï comme Milla Jasmine, un yacht comme tel copytrader diplômé d'un brevet des collèges et bien évidemment une Cullinan comme Ghennam...

Nul doute que ses achats de plus en plus élevés à chacune des loteries les plus célèbres de France allaient bien finir par porter leurs fruits, se disait-elle.

Mais en réalité, tout au fond d'elle-même, et ceci ne cessait de remonter à la surface, Alya savait qu'elle fonçait dans le mur.

En imaginant qu'elle ne le se soit pas déjà mangé.

Ce mur.

Car à force de multiplier les prêts étudiant, la jeune femme écervelée, complètement matrixée par la télé-réalité et apparentés s'était de plus tournée vers les crédits à la consommation.

Payer vingt-pour cent d'intérêt - hors assurance - pour cinq milliers d'euros ne la choquait guère.

Même en multipliant l'opération.

Elle s'en fichait, car prochainement elle allait remporter l'Euromillions, ou bien gagner le jackpot grâce aux bons conseils d'escrocs amicaux.

Ou alors peut-être qu'avant cela, elle deviendrait déjà une célébrité des réseaux...

Alya commençait même à se demander si tout le package n'était pas accessible...

Manifestement, la réponse de son esprit fut négative car un beau matin, sa mère, venue la réveiller pour qu'elle se prépare à aller à l'université la découvrit pendue juste à côté de son lit.

Vantablack Où les histoires vivent. Découvrez maintenant