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Elle ne pensait qu'à une seule chose, s'évader.
À cet instant, Évie se trouvait dans une chambre sale, aux draps, au sol et aux sanitaires quasiment jamais nettoyés.
Son frère la séquestrait depuis une bonne demi-dizaine d'années déjà, dans l'ignorance la plus totale de tout le reste du monde.
À leurs voisins, ses amis, le travail qu'elle avait malgré elle quitté...
Maxime racontait que sa stupide sœur s'en était allée du jour au lendemain, suivre un total inconnu qui plus est initialement déjà marié avec quatre enfants.
Quelle traînée était sa sœur, pour cela il s'emportait dans une féroce colère lorsque quiconque lui rappelait leur lien de parenté.
En conséquence de cela, plus personne n'évoqua jamais Évie, la timide vendeuse de chaussures dans l'une des rares boutiques encore ouvertes de cette petite ville en déclin économique.
Cette dernière survivait au jour le jour, surprise à chaque réveil matinal que son corps fonctionne encore.
Elle n'était que peu nourrie, attachée à son lit et les rares fois où Maxime la détachait, c'était pour l'autoriser à aller faire pipi.
Car elle n'était nourrie que de soupes, boissons protéinées et yaourts.
Parfois, lorsqu'elle maintenait ses yeux au plafond, la faim lui serrant l'estomac, Évie rêvait de mordre dans une brioche moelleuse saupoudrée de gros éclats de sucre glace.
Ou alors, croquer à pleine dents dans un burrito, dans la chair tendre d'un morceau de muscle de bœuf ou de cheval, dans la surface dure et sableuse d'un pavé breton confectionné maison...
Tout ceci, la cadette d'un sadique ne pouvait plus qu'en rêver.
Elle était bien trop faible pour se libérer elle-même, et ses cris de douleur, de tristesse et d'horreur ne provoquaient chez sa mère et son frère que la naissance de nouvelles idées pour mieux la torturer.
La vie d'Évie n'était plus rien d'autre qu'un véritable enfer.
Le temps s'écoulait lentement, si lentement que si par hasard, elle avait su depuis combien d'années elle s'accrochait à la vie, la jeune femme aurait cru à un mensonge.
Si on le lui demandait, elle aurait parlé en mois.
Les anniversaires, Noël et autres festivités annuelles étaient si discrètement célébrés, lors des rares fois où ils prenaient place dans la maison de la mère de Maxime qu'Évie n'y voyait que du feu.
Il était bien curieux de savoir pourquoi donc ses derniers proches parents encore existants la haïssaient autant.
Avant cette tragédie, certainement pas près de se clôturer, la jeune femme avait un travail, une vie à l'extérieur du reste de cette maisonnée abhorrée, des projets d'avenir...
Mais alors qu'elle avait eu le malheur d'annoncer à qui voulait l'entendre, y compris Maxime et sa génitrice, qu'elle s'en allait entreprendre des études de lettres dans une bien meilleure ville, voilà que le raté primo né avait commencé à la séquestrer.
Alors qu'Évie se voyait devenir institutrice, l'alcoolique toxico avec qui elle ne partageait rien de volontaire n'avait manifestement pas supporté cet écart de réussite.
Lui, le misérable condamné à décéder d'un infarctus quand elle aurait dû contribuer à l'éducation de centaines d'enfants ne pouvait à défaut de la surpasser, que lui mettre des bâtons dans les roues.